Une nouvelle piqure de rappel pour maintenir la pression et ne pas oublier. Samedi 4 juillet 2026, près de 150 personnes étaient rassemblées en fin de matinée devant le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire pour dire «stop aux violences sexistes et sexuelles contre les enfants et les femmes».

© Océanis Médias

Le Collectif Ciivise 1 de Saint-Nazaire, déjà à l’origine des rassemblements qui ont fait suite à la mort tragique de la petite Lyhanna, était rejoint par Femmes Solidaires, la CGT, la FSU et Solidaires 44. A la suite de ce rassemblement, les manifestants ont défilé dans le centre-ville.

La «Coalition féministe et enfantiste loi intégrale» qui appelait aussi à cette mobilisation citoyenne contre les violences sexuelles, estime qu’il faudrait entre 2,6 et 3 milliards d’euros pour une loi cadre intégrale.

Elle fédère aujourd’hui plus de 150 organisations, associations et syndicats et rappelle que 3 enfants par classe sont victimes d’inceste, 1 femme sur 5 est victime de violences sexuelles et que malheureusement 94% des plaintes pour viol sont classées sans suite.

Les organisateurs expliquent que les associations féministes, les syndicats, juristes, défenseurs des droits et experts ont «mis en commun leurs expertises, leur expérience de terrain et ont élaboré près de 130 propositions législatives, réglementaires, budgétaires pour qu’enfin les pouvoirs publics apportent une réponse globale et cohérente à ce problème massif».

Tous veulent que la totalité des dispositions et leur financement soient à l’ordre du jour et adoptés, refusant que la loi ne soit que partielle, et réduite à quelques mesures dispersées.

«Les professionnels des secteurs de la protection de l’enfance, de l’Education nationale, de l’hôpital, ne sont pas surpris, ça fait des années qu’on alerte sur un manque criant de moyens pour le service public et la conséquence sur les citoyens c’est le décès d’enfants, de femmes», indique Maylis Rousteau éducatrice à la protection de l’enfance de l’association Linkiaa (ex Enfance & Famille).

 

 

Du côté de l’Education Nationale, l’EVARS (Education à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité) pour les collégiens et lycéens mais aussi la partie sans sexualité pour les écoles primaires, a été mis en place en février 2025, «ça a mis beaucoup de temps à sortir, on l’attendait depuis longtemps» indique Viviana Le Goff du collège Tabarly à La Baule.

Ce programme sur l’éducation au vivre ensemble, à l’égalité entre les genres, à la diversité, et à la sexualité en santé, n’est pas assorti de moyens «on nous demande de faire trois séances par an et par classe mais on ne nous donne pas d’heures ni de dotations particulières. Ca demande beaucoup de temps, beaucoup de travail, car il faut voir en fonction des thèmes déjà abordés les années précédentes».

Si les enseignants ont suivi une ou plusieurs formations, ils peuvent aussi faire appel à des associations, avec lesquelles ils travaillent en étroite collaboration, ne les laissant pas seules au contact des élèves. Des élèves qui de leur côté sont «intéressés, enthousiastes et curieux».

Les ados s’emparent aussi des thèmes comme l’égalité fille-garçon, et réalisent des affiches, des discussions. «Ils ont entre 12 et 16 ans, la vie relationnelle quelle qu’elle soit avec leurs amis, leurs camarades, leurs amoureux éventuels, c’est au cœur de leurs préoccupations, ils ont envie d’en parler et c’est légitime de le faire dans un cadre sécurisé avec des enseignants, l’infirmière du collège.»

Les représentantes de Femmes Solidaires étaient déjà présentes lors des premiers rassemblements en juin dernier «on ne s’était pas mises en avant, plusieurs d’entre nous font aussi partie de la Ciivise» indique Esperanza.

L’association qui existe depuis 1946 ne compte que des femmes, dont certaines «ont marqué Saint-Nazaire, comme Christiane Cabalé, Suzanne Mahé». Engagées contre les violences faites aux femmes depuis plusieurs années, les militantes font aussi le lien avec «les violences faites aux enfants, notamment à travers les mères»

Aujourd’hui pour ce rassemblement national, Aurore, du bureau de l’association estime que «c’est important d’être là puisque Femmes Solidaires était à l’origine du soutien de Ciivise 1 dont nous sommes plusieurs à faire partie. C’est important pour nous de soutenir le droit des enfants».

Pour toutes, il faut faire passer le message: «Ecoute, reconnaissance, soutien aux victimes, éducation des garçons, violences sociétales et nécessité de mettre fin à toute forme de domination».

 

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