Alors que les autorités locales, sous-préfet, maire, ARS et DREAL présentaient lundi soir à Agora une étude de zone sur les pollutions industrielles et la surmortalité par cancer, lancée en 2021 sur le bassin de Saint-Nazaire, plusieurs associations manifestaient devant l’entrée du bâtiment.

Une question mais pas de réelle réponse – © Océanis Médias

Le sous-préfet a annoncé inspecter une quinzaine d’entreprises sur la zone portuaire l’été prochain afin de mieux mesurer les risques et les pollutions.

Ils étaient une trentaine, militants des associations, AEDZRP (association environnementale dongeoise des zones à risques), l’association des habitants du village de Gron, la LDH (Ligue des droits de l’Homme), Vamp (Vivre à Méan-Penhoët) et de l’Union locale CGT, à s’alarmer pour leur part de la surmortalité dans le secteur.

Dans un communiqué commun elles soulignent «une même réalité». Estimant «que l’on vive ici ou que l’on y travaille, ou les deux, nous respirons le même air et dépendons du même environnement».

L’étude réalisée ne satisfait pas les associations

Elles indiquent, données d’Air Pays de Loire et rapport 2023 du registre des cancers à l’appui, que les émissions de NO2 (dioxyde d’azote), sont corrélées avec la surmortalité par cancer.

«Initialement, les associations mobilisées dès février 2018 suite à la publication dans la presse d’un bilan sanitaire de l’ARS attendaient la mise en œuvre d’une étude épidémiologique. Les chiffres avancés étaient pour le moins très inquiétants avec notamment une surmortalité chez les hommes de moins de 65 ans supérieur de 39% à la moyenne nationale. Elle est aujourd’hui supérieur de 43%.»

Si le lancement d’une étude de zone annoncée en octobre 2020 avant une hypothétique étude épidémiologique, devait «faire la lumière sur les pollutions de l’air, de l’eau et des sols» et recenser les émission des industries, «dans les faits, elle manque cruellement d’ambition».

Analyses partielles, périmètres limités, les résultats de l’étude vont plutôt dans le sens de rassurer la population que d’«affronter pleinement la réalité».

Ne pas choisir entre emploi et santé

Pour les associations, il ne faut pas chercher à opposer les salariés aux riverains. «Ce serait une erreur et parfois une facilité». Ce sont en effet souvent les mêmes personnes sui vivent et travaillent à proximité dans des sites exposés.

L’industrie «au cœur de l’identité et de la vitalité économique de l’agglomération», puisque essentielle au territoire, doit aussi «être exemplaire».

Les associations réclament des actions concrètes de la part de l’Etat. Une étude complète, indépendante et réellement exhaustive, mais aussi une prise en compte de toutes les sources de pollution et la mise en œuvre d’une étude épidémiologique.

Elles veulent aussi la mise en place de mesures des polluants «à l’intérieur du site et hors du site, financées par les industriels (métaux, benzène, composés organiques volatiles, particules ultra fines, nanoparticules…)».

En outre une publication rapide et transparente des résultats obtenus et la mise en place d’un organisme de suivi «pour protéger les riverains et les salariés avec l’exemple des commissions de suivi de site, ouverte au public».

Pour les associations, «il n’y a pas d’économie durable sans santé», elles ne veulent pas avoir à choisir mais exigent un territoire «où l’on peut vivre et travailler sans mettre sa santé en danger».

 

Suivez-nous sur Facebook: saintnazaireinfos.fr

Laisser un commentaire

Commentaires

Réseau média web

Liens utiles

Twitter

Afficher plus