Les élus du groupe d’opposition «Ensemble soyons Saint-Nazaire» appelaient à manifester vendredi 12 juin 2026 contre la fermeture annoncée du Grand Café.

150 à 200 personnes ont profité du vernissage de l’exposition de Nefeli Papadimouli «Garden of Commons» au cours de laquelle étaient présents des élus de la majorité dont l’adjoint à la culture Michel Ray, pour se rassembler devant la salle d’exposition d’art contemporain peu après 18h30.
Les élus d’opposition de gauche, accompagnés de la CGT venue défendre les salariés et du député LFI Matthias Tavel, s’opposent à la transformation, après une coûteuse opération de réhabilitation de plus de 4 millions d’euros, qui inclurait un étage supplémentaire sur ce bâtiment iconique de la place des quatre horloges.
«David Samzun a tenu sa promesse de campagne : «Préparer un nouveau projet artistique pour le Grand Café». Nous y voilà. Ce projet sera donc de la photographie. Au détriment de l’art contemporain» indique le groupe politique du conseil municipal.
«Pourquoi donc opposer deux pratiques et réduire l’art contemporain à un seul format d’expression ? La photographie est un art contemporain.»
Chaque année, la Ville subventionne l’équipement à hauteur de 873 000 €. Celle-ci souhaite réaliser des économies et entend confier le projet à un acteur privé via une délégation de service public.
«C’est un moyen pour la mairie de se délester de cette responsabilité et faire porter les risques financiers à une structure extérieure. C’est un recul du service public. Il est essentiel que ce lieu reste accessible à toutes et tous, notamment via la gratuité» s’inquiètent les opposants au projet, «comme beaucoup, cette décision brutale nous choque et nous interroge».
Dans un contexte de restrictions budgétaires, où la culture est perçue comme «une variable d’ajustement lorsque le budget est trop serré», les manifestants présents s’inquiètent de la place laissée «à la médiation scolaire et aux parcours d’Education artistique et culturelle. Beaucoup d’élèves de Saint-Nazaire ont eu la chance de faire des sorties scolaires au Grand Café. Qu’en sera-t-il demain ?»
La fermeture du Grand Café, à un an de la présidentielle, «dans un contexte de montée de l’extrême droite», est perçue comme un signal négatif pour la culture «car on sait que c’est un rempart contre l’obscurantisme, et qu’elle permet une ouverture sur le monde, le vivre ensemble et la diversité».
L’autre inquiétude concerne la labellisation du Grand Café en «Centre d’art contemporain d’intérêt national». Cette distinction sera-t-elle remise en cause par la nouvelle orientation artistique lors de la réouverture prévue en 2029 ?
«De même, beaucoup de jeunes artistes voient ce lieu comme un tremplin. De nombreux étudiants de l’école des Beaux-Arts, installée ici notamment grâce à la présence du Grand Café, sont inquiets.»
L’exposition «Garden of commons» est ouverte du 13 juin au 4 octobre 2026 au Grand café, place des quatre horloges. Des visites commentées sont prévues le samedi à 16h.