Alors que nous allions couvrir le conseil municipal de ce vendredi 29 mai 2026 comme nous le faisons régulièrement, la responsable du service communication a refusé notre présence.

Plus précisément, alors que la salle compte 6 places réservées aux médias locaux, dont 4 à 5 sont habituellement occupées par Presse-Océan, Ouest-France, L’Echo de la Presqu’île, SaintNazaire-News et SaintNazaire-Infos, on nous a demandé d’aller dans le public !
Après avoir cherché l’origine de cette demande, à laquelle la responsable a botté en touche en répétant «il va y avoir du monde, je vous demande d’aller dans le public»… nous avons refusé, d’autant que, comme le montre cette photo issue de la diffusion Youtube après 45 minutes de conseil, il restait bien 2 places réservées à la presse de disponibles.
NOTRE PRESENCE N’EST PAS SOUHAITEE
Une représentante du conseil nous a révélé plus tard: «ma collègue s’est mal exprimée, en fait votre présence n’est pas souhaitée, c’est une décision discrétionnaire» de qui ? Pourquoi ? Impossible d’obtenir l’origine de cette demande plus qu’étrange.
En effet, cette décision ne répond à aucune «brouille» avec les élus ou les services, pour rappel, nous publions la quasi totalité des communiqués de presse issus du service com’ de la Mairie, sans prises de position partisane, juste les faits.
Cette décision semble anticipée puisque nous n’avons pas reçu l’habituel «ordre du jour» envoyé à la presse quelques jours avant le conseil.
Nos relations sont cordiales et tout à fait normales avec tous les représentants de la municipalité, aucun article gênant ou à charge n’a été publié par notre site depuis sa reprise en novembre 2025.
La ligne éditoriale de SaintNazaire-Infos est plutôt sobre et neutre (à voir si ça va durer au vu des faits de ce jour), ce qui nous interroge encore plus sur ce choix.
LA PRESSE NE PEUT ETRE INTERDITE DE CONSEIL MUNICIPAL
Les textes sont clairs: «hormis le cas exceptionnel d’un huis clos, il est illégal d’empêcher l’accès de la presse au conseil municipal». L’article L.2121-18 du code général des collectivités territoriales stipule que «les médias ne peuvent se voir interdire l’accès au conseil municipal».

Une réponse du Ministre de l’intérieur publiée le 8 janvier 2015 suite à la saisine d’un Sénateur précise que «le maire ne saurait interdire la présence de journalistes à une séance publique du conseil municipal si ces derniers ne portent pas atteinte au bon déroulement de la séance».
De plus, l’article L. 2121-18 dispose également que les séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle. «Aussi le maire ne peut, en l’absence de trouble à la sérénité des débats, empêcher les journalistes d’utiliser leurs outils d’enregistrement dans le cadre d’une séance publique» (CAA Bordeaux n° 99BX01857).
En dehors des cas très encadrés (huis clos), la presse jouit d’une liberté totale pour suivre les échanges d’un conseil municipal.
C’est mal connaitre les effets négatifs qui peuvent découler d’une attaque envers la presse. Aujourd’hui notre site d’information réalise des audiences exceptionnelles, multipliées par 5 depuis les six derniers mois. Certains n’ont pas encore compris la puissance d’internet en 2026 !
Vu la chaleur et la salle municipale non climatisée, nous sommes finalement mieux au frais à la rédaction… Le conseil étant diffusé en direct sur Youtube.
Zack MOULLEC responsable de la rédaction de Saintnazaire-Infos.
Suivez-nous sur Facebook: saintnazaireinfos.fr
Cet article a 6 commentaires
Hallucinant, cette mairie est hors la loi!
Tout mon soutien cher confrère.
Christophe Bedin / PalavasNews
syndrome du mandat de trop? j’espère que c’est pas le Maire qui a fais ça. il dit partout qu’il respecte ka démocratie.
Soutien à Mediatweb empêché d’exercer son travail : difficile de ne pas être profondément choquée.
La liberté de la presse n’est pas un confort, c’est un pilier de notre démocratie. Elle ne devrait jamais dépendre de l’humeur ou de la contrariété de qui que ce soit. Empêcher un journaliste d’accéder à une instance publique, c’est fragiliser ce droit fondamental.
J’ose croire à une erreur qui sera rapidement corrigée. Dans le cas contraire, il serait urgent de rappeler que l’information libre n’est pas négociable.
Tout mon soutien à celles et ceux qui informent, parfois au prix de pressions injustifiées.
Je suis Saint-Nazaire Infos depuis le début. Avant, je commentais beaucoup, étant très impliquée dans la vie politique nazairienne. J’aimais cette liberté de ton, que ce soit avec les maires de gauche ou de droite.
Un ancien journaliste de Presse Océan m’avait dit que c’était une bonne chose, car cela bousculait les habitudes. Il faut savoir qu’avec les politiques, dans les petites villes de province, si vous n’êtes pas à leurs ordres, ils vous marchent dessus.
C’est vrai que, depuis quelque temps, vous faites plus « light ». Cela n’a pas beaucoup d’intérêt si vous faites la même chose que Presse Océan et Ouest-France.
Saint-Nazaire Infos, c’était un peu le Mediapart local. Continuez dans cette voie : vous aurez davantage de monde pour vous suivre.
Quant aux maires de Saint-Nazaire, de Pornichet et de La Baule, ils ont de gros sabots ; cela vole souvent bien bas et ils méritent le mépris.
Bon courage.
Merci Marie Odile, comme je viens de l’écrire précédemment, je partage pleinement votre point de vue. Mediaweb se distingue justement parce qu’il ose là où beaucoup d’autres se contentent du consensus. S’il devait devenir un média tiède, aligné et sans relief, il perdrait toute sa raison d’être.
C’est précisément pour son audace et sa liberté de ton que je l’apprécie. Un journal n’a pas à s’excuser d’interroger, de bousculer ou de déranger — c’est même là sa mission. Tout mon soutien à une ligne éditoriale exigeante, indépendante et courageuse. J’espère qu’il continuera dans cette voie
Ah les centristes et la liberté…