Une trentaine de parents d’élèves et d’enfants des écoles de la ville étaient réunis devant la mairie de Saint-Nazaire mercredi 1er juillet 2026.

Enfants et parents manifestent – © Océanis Médias

Ils réclament des mesures d’urgence dans les écoles, après les deux canicules des mois de mai et juin dernier. Car si certaines écoles ont été rénovées, la plupart ne sont pas adaptées au dérèglement climatique qui sévit et s’amplifie depuis une vingtaine d’années.

Morgane Belloir, représentante des parents d’élèves élus de l’école Lamartine, est à l’origine de cette action, car dès la première canicule fin mai, «on a constaté d’après des relevés de la directrice qu’à 8h30 avant même que les enfants n’arrivent, il faisait 30° dans de nombreuses classes». Ce qui, avec 20 à 30 enfants par classe, ne fait qu’augmenter la température au fil de la journée, dépassant souvent les 35° à 36°.

«Dans le dortoir des petites sections en maternelle, c’était invivable. Fin mai, en urgence avec l’amicale laïque on a acheté 14 ventilateurs pour l’école». L’école Lamartine, située près de la gare, compte 13 classes, 4 en maternelle et 9 en primaire, réparties dans trois bâtiments.

Si le personnel enseignant et d’animation a perçu cette aide comme un soulagement, la mairie n’a pas souhaité répondre à la demande de financement après l’envoi de la facture, «Il a fallu attendre le conseil d’école la semaine dernière pour avoir un retour, mais pas question de nous rembourser, et la mairie a attendu la mi-juin pour livrer des ventilateurs».

«On comprend qu’on ne peut pas rénover toutes les écoles d’un coup, mais à chaque conseil d’école depuis plusieurs années, on nous répond qu’on n’est pas prioritaire». Une réponse identique est faite à l’école Carnot, à Chateaubriand… «ils sont incapables de nous dire où on en est dans la liste des priorités».

Morgane Belloir souligne que lors de la canicule «on a eu deux malaises d’enfants, un malaise d’enseignant et on se demande ce que les pouvoirs publics attendent pour réagir».

Malgré un auvent sur une façade de l’école maternelle «on a appris que l’on avait la pire cour des écoles de Saint-Nazaire. 100% goudron mais en plus avec des cratères dans la cour tellement elle est abîmée» L’école avec ses grandes baies vitrées des années 50 est orientée plein sud, «ce qui était très pratique dans les années 60 pour la chaleur et le soleil, mais aujourd’hui ça fait effet de serre dans les salles de classe».

Les gros rideaux que l’on a connus dans les décennies passées, sont souvent absents «parce qu’ils ont été cassés, et on n’a pas de budget pour les remplacer».

Les parents ont appris lors du dernier conseil d’école que la pose de filtres solaires sur les fenêtres a été testée dans une classe, «la mairie nous a dit lorsque le maitresse a demandé les résultats du test, qu’ils avaient été posés à l’envers».

«On demande qu’un fonds d’urgence soit débloqué pour la rénovation énergétique des écoles de Saint-Nazaire». Conscients que la solution ne relève pas uniquement de la ville, «il faut qu’il y ait une prise de conscience générale de la part des pouvoirs publics, mais déjà ce serait bien d’être entendus par la mairie, pour l’instant on n’a pas l’impression que c’est le cas».

Même son de cloche pour la FCPE, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, représentée ce matin par Céline Maillet la présidente, «A Jules Simon, ça fonctionne plutôt bien, ils ont fait une vraie rénovation, en agrandissant, déplaçant le réfectoire, il y a un système d’aération qui extrait l’air chaud et le remplace par de l’air froid, ça donne de bons résultats pour l’instant» La différence de confort serait réelle «par rapport aux autres écoles où on dépasse les 30 degrés».

 

 

Concernant la végétalisation des cours d’école, «on nous rétorque que nos écoles ne sont pas prioritaires, mais on ne sait pas lesquelles sont prioritaires». Les parents d’élèves en sont à espérer que des canalisations cassent dans les cours d’école pour que des travaux soient entrepris et que la ville en profite pour végétaliser.

«On comprend bien que le plan prévu pour réhabiliter les écoles au fur et à mesure, ne peut pas tout faire en même temps, mais qu’il y ait malgré tout une enveloppe dédiée à l’adaptation des autres écoles en attendant soit quelles soient rénovées, et que l’on puisse faire des aménagements en attendant, que les écoles soient adaptées en cas de canicule.»

Les ventilateurs restent insuffisants, les enfants éloignés se plaignent de na pas en profiter et au bout d’un moment leur efficacité est réduite à brasser de l’air chaud. L’aération des bâtiments la nuit n’est pas non plus possible pour des questions de sécurité.

«On aimerait que les équipes enseignantes, les agents municipaux qui travaillent dans les écoles, soient plus écoutés, parce qu’ils vivent dans les bâtiments, ils savent comment ça se comporte, il faut les écouter».

«Ca fait des années qu’on alerte dans toutes les écoles concernées, et en fait ça ne bouge pas, on pare à l’urgence avec des ventilateurs».

En cas de canicule le jour de la rentrée prochaine, la FCPE et les parents d’élèves envisagent de décaler l’entrée des enfants, «ou que nous, parents on soit devant les écoles et qu’on manifeste sans empêcher l’accès à l’école».

Les enseignants et les animateurs encouragent l’initiative des parents. Si la mairie n’a pas souhaité recevoir les manifestants ce matin, elle leur donne rendez-vous en septembre.

 

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