La LPO, alertée par une nazairienne passionnée d’oiseaux, ne cache pas sa colère à l’encontre de la Ville de Saint-Nazaire.

Alisha Fourcade est coach de boxe et organise régulièrement des séances d’entrainement pour ses élèves sous la halle sud dans le quartier du Petit Maroc.
Mais mercredi 8 juillet 2026, elle est intriguée par des travaux et constate que les filets de protection posés il y a une dizaine d’années pour dissuader les pigeons de s’installer sur la charpente en bois sont en cours de retrait.
Une destruction systématique des nids
Le démontage des filets se fait sans ménagement avec une destruction systématique des nids de moineaux présents. Alisha, pour qui la présence de ces oiseaux est devenue familière dans ce lieu qu’elle connait bien, avait estimé la population à une cinquantaine de couples.
Choquée par le massacre qui s’opère sous ses yeux, elle publie une vidéo sur les réseaux sociaux qui fait vite le tour de Saint-Nazaire. L’entreprise refusant d’arrêter les travaux, Alisha et Sylvie Macé contactent en urgence toutes les structures et services susceptibles de stopper la destruction en cours.
Les travaux stoppés en urgence
Après avoir contacté la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) à Nantes et la mairie, un adhérent de la LPO et un agent municipal se rendent sur place le jeudi après-midi. Devant la situation, il est décidé d’arrêter les travaux, et de prévenir l’OFB (Office Français de la Biodiversité).
Selon la LPO, “Il ne reste que 22 nids encore occupés par les moineaux et plusieurs cadavres sont retrouvés sur le sol”.
La ligue fait savoir que le moineau domestique « est une espèces protégée par la loi comme tous les passereaux. La destruction des nids est interdite, des poursuites pénales peuvent être engagées”.
En France, la population du moineau domestique a baissé drastiquement de 50% en à peine 40 ans, et à Saint-Nazaire “il ne reste que quelques secteurs abritant cette espèce”.

La mairie devra s’expliquer pour éviter des poursuites
« Un dossier ayant été ouvert à l’OFB, la mairie de Saint-Nazaire devra fournir des explications crédibles pour éviter des poursuites, elle devra aussi compenser les pertes constatées” précise le représentant de la LPO Joël Bourles.
Si la municipalité a validé cette année en conseil municipal la “stratégie locale pour la biodiversité”, il y a dans celle-ci une rubrique pour intégrer les enjeux liés à la biodiversité urbaine dans les opérations d’aménagement et de rénovation.
“On voit bien que dans le cas présent la mairie n’a pas du tout mis en place ce qu’elle a validé au printemps. Les moineaux attendront que la stratégie soit bien diffusée dans tous les services.”
La LPO s’interroge sur le caractère d’urgence de ces travaux en plein été. « La sécurité du bâtiment était-elle en jeu avec une charpente saine et des filets de protection bien légers et inoffensifs?”.
Les témoins ont sauvé les moineaux
Pour le militant à qui la mairie a répondu que les travaux auraient dû être réalisés depuis quelques temps déjà, l’approche du festival Les Escales et l’installation d’une scène sous la halle sud ne semble pas être étrangère à cette intervention.
Sans la vigilance des deux témoins, la colonie de moineaux aurait été totalement anéantie dans l’indifférence générale.
La LPO va répertorier le nombre de couples encore présents avant le festival prévu fin juillet, et fera un second bilan après la fin de celui-ci. Une analyse détaillée de la destruction des nids sera envoyée aux autorités compétentes, l’OFB mais aussi la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer).
Suivez-nous sur Facebook: saintnazaireinfos.fr