Maëlys Rousteu et Teddy Metayer CGT santé-sociaux

A l’occasion de la grève des personnels hospitaliers mardi 15 septembre 2026, rassemblés devant l’hôpital de Saint-Nazaire, la protection de l’enfance et le médico-social étaient aussi représentés.

La protection de l’enfance souffre d’un manque de financements et donc d’un engagement national. «Rien qu’en Loire-Atlantique, ce sont 350 enfants dont le placement est mal exécuté, qui restent en attente d’évaluation sociale», indique Maëlys Rousteau, au nom de la coordination CGT action sociale 44.

Elle travaille pour la protection de l’enfance à Saint-Nazaire et regrette que les enquêtes sociales décidées par les juges mettent plusieurs mois avant d’être réalisées.

La représentante syndicale ajoute qu’une vingtaine de bébés sont en attente d’un lieu de placement dans le département. «Tous les services publics d’aide à la personne, que ce soit l’hôpital, la protection de l’enfance ou le médico-social sont attaqués».

«Aujourd’hui ici c’est la santé, la protection de l’enfance et le médico-social, mais c’est la même chose à La Poste et partout» avec des incidences sur la jeunesse dont les professionnels se rendent compte aujourd’hui.

Une jeunesse sacrifiée ?

Répercussion sur les écoles où il n’y a plus d’assistantes sociales, ce sont les CPE ou les assistants d’éducation qui interviennent quand les enseignants constatent des violences ou de la maltraitance.

De plus en plus d’enfants ne sont plus scolarisés «ça va avoir une incidence sur les citoyens de demain, la jeunesse est sacrifiée»

Teddy Metayer délégué syndical CGT dans le médico-social où il travaille, fait aussi partie de la coordination action sociale 44.

«On a de gros soucis avec les pertes de moyens dans le droit commun, tout ce qui touche à la santé mentale, les médecins. On se retrouve aujourd’hui avec un surcroit d’activité et des réformes déconnectées du terrain comme la réforme Sérafin-PH où on nous demande toujours plus d’administratif, de justificatifs sur notre travail», souligne t-il.

Le constat est le même que pour sa collègue, on leur demande d’effectuer des tâches nouvelles sans moyens supplémentaires

Dans le cadre de cette réforme, en lien avec l’Education nationale, «l’inclusion est en grande difficulté, c’est un beau principe, il faut y mettre les moyens derrière, mais on a de plus en plus de modifications de la manière de travailler, de plus en plus en dispositifs, dans les établissements scolaires, mais encore avec un manque de moyens».

A cela s’ajoute une perte de formation avec la réforme des diplômes d’éducateurs spécialisés, mais aussi un manque d’enseignants spécialisés, «qui permettraient d’améliorer nos accompagnements».

«Il y a aussi une accélération des réorganisations avec une perte de sens totale dans notre travail et des changements d’acronymes qui perdent les parents» soupire Teddy Metayer.

La psychiatrie, un champ totalement dévasté

La souffrance des professionnels se répercute sur les familles accompagnées. Même en milieu protégé (ESAT) les professionnels qui y travaillent se perdent dans les dispositifs.

«Les jeunes rencontrent des difficultés de plus en plus complexes, des diagnostics de plus en plus poussés, et derrière on n’a aucune réponse, aucune solution concrète à apporter aux parents, en grande partie par manque de moyens.»

Le temps étant souvent consacré à des missions sur lesquelles ils ne devraient pas attacher autant d’importance «la technocratie, l’administratif qui nous prennent plus de temps que l’accompagnement en lui-même».

Tous donnent rendez-vous pour une nouvelle journée intersyndicale d’action le mardi 29 septembre prochain à 10h30 devant l’hôtel de ville de Saint-Nazaire.

Maëlys ROUSTEAU et Teddy METAYER © Océanis Médias

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