«Heureusement il y a l’indus», une performance philosophique avec le public, tout en humour et impertinence.

Philippe Fourchon, le directeur adjoint du Théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire se souvient de la genèse de ce projet un peu déjanté avec Alain Guyard. «On se connait depuis longtemps, j’aime ce qu’il fait, quand on sort on se sent plus intelligent, capable de s’investir dans des idées un peu folles.»
Alain Guyard qui se définit comme «philosophe forain et un peu foireux» précise qu’il se balade depuis plus de vingt ans dans les lieux pour faire de la philo, «des lieux où on ne s’y attend pas, vingt ans à faire des festivals, Avignon, des foyers ruraux, des médiathèques, des scènes nationales, il n’y a pas besoin de diplôme pour philosopher».
Accoupler Coluche à Socrate
Ça donne une créature hybride comme il se définit, «la gouaille et un côté rigolo un peu Coluchien, mais aussi sévèrement burné comme dirait l’autre, avec des références, du texte, de la matière première, les deux vont ensemble».
Son fonctionnement est simple mais efficace, «je m’installe pendant une semaine dans un pays, et je me déplace dans les communes, dans des lieux spécifiques et avec ça je tricote une série de sujets».
Le philosophe est donc venu tâter le terrain, rencontrer les gens, visiter la région, les chantiers, de jour comme de nuit «on a passé le pont bien sûr, comme tout le monde, il fallait le faire».
C’est en voyant deux mondes se côtoyer, d’un côté l’industrie, les chantiers, et de l’autre la nature et le parc naturel de Brière, que les sujets lui sont venus, se demandant «comment ça peut tenir ensemble, l’industrie et la nature, alors que les deux vont aller au clash des titans, ça va péter des deux côtés» faisant ainsi allusion aux crises économiques et climatiques à venir.
«C’est pas les politiques qui réfléchissent, on le sait bien» s’exclame Alain Guyard. «Quand il y a du merdier, le philosophe est à ses aises, et on est en plein dedans.»
C’est ainsi qu’il qualifie sa démarche de «lucide et ludique, pertinente et impertinente, rigolote et qui mobilise des gens qui nous aident à penser».
Pendant 45 minutes, l’auteur construit «son spectacle» avec un personnage, puis le public critique, conteste, pendant les 45 minutes suivantes. «Je suis toujours dans mon personnage, le spectacle est dans la salle.»
Une durée théorique, «on boit un coup ensemble, on continue l’ébullition. On ne sais pas quand ça a commencé ni quand ça se termine» tient à préciser Alain Guyard, qui invite les participants à venir avec une bouteille (pas forcément de l’alcool). Les organisateurs fournissent l’en-cas.
Les sujets sont volontairement différents selon les communes, qui lui ont donné de l’inspiration. «Les gens repartent avec un support de cours. Mon personnage ou moi, distribue des petits livrets avec un petit texte de philo, esprit petit fanzine, pochette de disque» souvent accompagné d’un dessin rigolo, ou un peu grivois.
AU PROGRAMME
Mercredi 27 mai à 20h (durée 1h30) – Hall du Théâtre Simone Veil – Saint-Nazaire
Gratuit dans la limite des places disponibles – à partir de 16 ans. Réservations sur place ou au 02 40 22 91 36 et sur www.letheatre-saintnazaire.fr
“Chasser le canard en paquebot de luxe ou faire une croisière dans une barque à fond plat: un choix philosophique ?” La philosophie à la croisée de la pensée critique du monde industriel et du discours écologique sur l’art d’habiter le monde.
Jeudi 28 mai à 18h (durée 1h30) – au sein de l’entreprise IDEA – 10 route de Pont-Chateau à Besné
Gratuit dans la limite des places disponibles – à partir de 16 ans – Réservations sur www.besne.fr
“Faire jouer des tragédies grecques aux cadres de l’industrie pour lutter contre les mouvements de grève chez les ouvriers ?” Les tensions sociales dans le monde du travail et de l’industrie et les modes de résolution à partir de l’expérience grecque de la critique du politique.
Vendredi 29 mai à 20h (durée 1h30) – sous les halles, place du marché à Saint-Père-en-Retz
Gratuit sans réservation – à partir de 16 ans
“Comment concilier cabane au fond des marais, utopie écologique et toilettes sèches.” La micro-communauté ou l’autosuffisance individuelle, entre utopie écologique, mystique héritée du monachisme et machisme survivalisme.
Samedi 30 mai à 11h (durée 1h30) – Médiathèque Gaston Leroux, à La Chapelle-des-Marais
Gratuit dans la limite des places disponibles – à partir de 16 ans – Réservations à la médiathèque par téléphone au 02 40 42 42 00 ou mediatheque@lachapelledesmarais.fr
“L’effondrement imminent de la civilisation industrielle : une chance pour la vannerie et les petits paniers en tige de bourdaine ?” Prospectives philosophiques sur la fin du monde industriel, son éclipse ou son dépassement.
Samedi 30 mai à 18h (durée 1h30) – clôture du cycle au Jardin du littoral à Saint-Brevin – derrière le musée de la marine
Gratuit sans réservation – à partir de 16 ans
“Enfiler les étuis péniens des Indiens Bororos du Brésil pour protéger les zones humides : un projet pour les agglomérations de l’estuaire?” La sauvegarde de la biodiversité et l’abandon du paradigme occidentalo-centré de nature au bénéfice de l’ontologie animiste des peuples premiers.
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