Jean-François Ballay, vient de sortir son nouveau livre «habiter la terre autrement, les sirènes du capitalisme vert». Un livre qui fait écho au climat et aux canicules subies cet été en France.

Que sera notre monde à +2° et au-delà ? Se demande l’auteur. Pour lui une chose est sûre, «le salut ne viendra pas de la technologie, ni du marché et encore moins des dictatures».

L’auteur, docteur ingénieur et chercheur en génie électrique a écrit plusieurs livres, une douzaine de titres, sur l’économie de la connaissance, mais aussi des études théâtrales et de la poésie tout en reconnaissant être aussi passionné d’écriture et de littérature.

Nazairien depuis cinquante ans, de parents commerçants, il a fréquenté le lycée Aristide Briand, puis après le bac, est parti à Nantes, Grenoble, et en région parisienne.

Dans son dernier livre, Jean-François Ballay s’intéresse à la thématique de l’effondrement écologique. Entre croissance verte et décroissance, énergies renouvelables et intelligence artificielle, il donne sa vision de l’avenir, «imprévisible» mais pas forcement pessimiste si le courage, la liberté et la solidarité s’en mêlent.

Le livre propose des pistes «pour évaluer le projet de transition au vu de la réalité du capitalisme, et imaginer d’autres façons d’habiter la terre».

Au dos du livre est écrit dès la première ligne «Un spectre hante le monde, l’effondrement écologique». «Moi ça me hante depuis des décennies, peut être que l’originalité de mon approche c’est qu’étant à la fois scientifique et littéraire, ce thème m’inspire.»

La «pseudo croissance verte» est un thème qui nourrit son imaginaire. «C’est vraiment un énorme mur qui est devant nous, je ne le vis pas que sous la forme de l’angoisse, ma curiosité, mon besoin de me documenter, d’accumuler des connaissances, m’ont conduit à analyser cela sous plusieurs angles, pas uniquement l’angle écologique ou technique.»

«J’avais un premier manuscrit, je suis retombé dessus quelques temps plus tard et je me suis dit qu’il fallait que je fasse un plus gros travail sur le sujet.» Une première esquisse juste après le Covid (2020 ndlr) qu’il a décidé de retravailler entièrement l’année dernière.

Basé sur de nombreuses publications, qu’il s’agisse des publications du Giec, de livres d’auteurs, scientifiques, Jean-François Ballay s’est aussi documenté sur les métaux, les spécialistes de l’industrie minière, partant d’une base très large sur le diagnostic de la situation, pour se concentrer ensuite sur la transition énergétique.

«Je traite beaucoup de la consommation d’énergie, le mix électrique, l’intelligence artificielle, les métaux, la guerre des métaux, la façon dont on habite la terre, les mégapoles, j’interroge la façon dont l’être humain s’agglutine dans des mégapoles de plus en plus importantes.»

 

 

Face à tous les dérèglements actuels, qui vont augmenter, vivre dans des capitales comme Paris ou d’autres, les problèmes d’approvisionnement sont à la limite de la rupture. Ce livre, l’auteur l’a voulu «fluide, qui se lit de manière littéraire, à la fois précis et documenté».

S’il ne se dit pas anti-capitaliste, il dresse le constat que c’est le capitalisme qui historiquement porte atteinte au milieu vivant et aux hommes. Un thème largement évoqué dans le livre. «Sur le rapport au capitalisme, ce qu’il fait à la nature et à l’être humain, et au vivant, c’est beaucoup plus personnel et subjectif que scientifique.»

Avec les trente glorieuse, le capitalisme a apporté beaucoup de progrès «on en voit les limites aujourd’hui, pas seulement sur la nature».

Il estime la dernière partie de son livre malgré tout un peu moins pessimiste «parce que, comme j’ai analysé les énergies renouvelables, en prenant en compte les aspects géo-politiques, l’accès aux ressources, la fenêtre est très étroite. Déjà la croissance on n’en a plus, verte, avec le greenwashing j’y crois pas, mais j’ai essayé de documenter le sujet sans parti pris, de façon scientifique sur ces aspects là».

La dernière partie du livre «réapprendre à habiter la terre» interroge la peur, un ennemi intérieur dans le monde qui vient. «On a peur de l’avenir, on a peur de l’autre, on a peur de tout en fait, et nous les européens, ça fait deux générations que l’on a pas connu de guerres, là une guerre arrive en Ukraine, on ne sais plus quoi faire.» 

Jean-François BallayUne question provocatrice est mise en avant «Est-ce que pour vraiment prendre des décisions de changement brutal, notamment sur l’écologie, une dictature ne serait pas mieux que la démocratie? Ce serait la pire option politique, qu’il faut  bien sûr absolument combattre». Le courant néo-réactionnaire qui gravite autour de Donald Trump est aussi évoqué.

«Habiter la Terre autrement, du point de vue alimentaire, il faut s’attendre à ce que la nature nous oblige à changer vraiment complètement notre mode de vie, sinon l’humanité disparaît. On est devant un mur et je pense qu’on n’est pas armé pour faire face à cet effondrement total de la nature.»

La perspective de la disparition de l’Homme est aussi traitée par Jean-François Ballay, qui se demande «si les pays riches sont mieux armés que les pauvres» une question qu’il juge indécente «quand on a les moyens on subit moins les dégâts, il y a une inégalité climatique très forte» mais au delà d’un certain seuil de dérèglement climatique, «quand on est bien embourgeoisé dans le confort matériel depuis deux générations, quelle va être notre capacité à résister, à s’adapter?»

Des question et des réponses que l’auteur propose au lecteur afin qu’il se fasse sa propre opinion sur tous ces sujets.

«Habiter la Terre autrement, les sirènes du capitalisme vert», aux Editions l’Harmattan est paru le 9 juillet 2026.

Disponible dans les librairies nazairiennes, ou sur commande auprès d’elles ainsi que sur le site de l’éditeur www.editions-harmattan.fr

Livre broché de 202 pages au prix de 22 € dans la collection «Questions contemporaines» EAN13: 9782336618326.

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