C’est devant la porte 4 des Chantiers de l’Atlantique que la CGT appelait à se mobiliser ce mardi 28 avril 2026 à l’occasion de la journée mondiale pour la sécurité au travail.

Près de 150 personnes ont répondu à l’appel du syndicat qui avait mis en scène des mannequins maculés de sang, des casques et un personnage en fauteuil roulant pour représenter les risques mortels ou de handicap.
Un accident surviendrait toutes les 5 minutes, un accident grave tous les quarts d’heure et deux décès chaque jour selon les chiffres communiqués par les syndicats et repris au micro ce matin.
Si le BTP reste en tête des professions les plus à risques, l’industrie et notamment la navale, ne sont pas en reste.
Des échafaudages qui s’effondrent sur des salariés, des chariots élévateurs qui se retournent sur leur pilote, mais aussi des malaises et des accidents de la route ou des chutes en hauteur, sont les principales causes des accidents en milieu professionnel.
«En 2024, près de 800 salariés sont morts d’un accident du travail en France» indique le syndicat qui précise que de plus en plus de jeunes et de stagiaires, souvent embauchés par des sous-traitants, figurent dans ces accidents mortels.
Parmi ces victimes, 22 jeunes avaient moins de 25 ans.
Il y a moins de 15 jours, un stagiaire de 15 ans est mort dans le Gard, et un intérimaire de 22 ans a succombé à ses blessures après avoir été happé par une machine dans une entreprise agro-alimentaire dans le Rhône.
Le 21 octobre 2025, un employé des chantiers, âgé de 42 ans, a été gravement blessé, écrasé par un chariot élévateur alors qu’il circulait avec un vélo dans l’enceinte de l’entreprise.
Il y a quatre ans, un ouvrier se retrouvait violemment projeté en l’air à la suite d’une explosion due au gaz. Lui aussi a été gravement blessé et conserve aujourd’hui encore des séquelles de cet accident du travail.
La CGT réclame plus de contrôles, ce qui passe par un renforcement des effectifs des inspecteurs et médecins du travail.
Ils déplorent aussi l’impossibilité pour les CHSCT (comités d’hygiène, de santé et de conditions de travail) de prendre des initiatives en matière de sécurité depuis une réorganisation et une diminution de leurs capacité d’action notamment juridique en 2017.
Selon le ministère du travail, «les inspecteurs du travail disposent d’un ensemble de moyens juridiques destinés à assurer l’application effective des règles relatives à la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Ils peuvent notamment procéder à des arrêts de travaux, prononcer des mises en demeure».
Près de 90 000 suites ont été adressées par ces inspecteurs en 2025, en lien avec la prévention des accidents et des maladies professionnelles.
A l’occasion de cette journée de mobilisation, la CGT réclame notamment:
- Le rétablissement des instances représentatives du personnel de proximité, tout particulièrement des CHSCT (comités hygiène et sécurité, en capacité de mener des actions juridiques)
- Le contrôle des DUERP (déclaration unique d’établissement des risques professionnels) que la moitié des entreprises et établissements ne renseignent pas ou sans les genrer, malgré l’obligation
- La généralisation des mesures «JOP 2024» dans les entreprises
- L’intégration des spécificités des femmes et des métiers féminisés dans les politiques en faveur de la sécurité au travail
