
Après un rassemblement devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 2 septembre dernier pour protester contre les expulsions, le collectif «Personne à la rue» appelait à une nouvelle action samedi 12 septembre 2026 à Saint-Nazaire.
180 personnes ont défilé en centre-ville après un rassemblement esplanade des droits de l’homme. Parmi elles, des familles expulsées, comme celle de Nika Kirtadzé, jeune géorgien de 18 ans qui vient d’obtenir son bac en juin dernier étaient présentes.
Avec ses parents et son frère de 10 ans, ils se sont retrouvé à la rue il y a quelques mois à la suite d’une expulsion de la maison gérée par une association, qu’ils occupaient. Hébergés 3 semaines dans un hôtel de Saint-Nazaire, ils sont à nouveau sous le coup d’une menace d’expulsion du logement où ils vivent désormais à La Baule.
En France depuis 2022, ils se battent pour régulariser leur situation, mais leurs demandes envoyées depuis plus de 3 ans restent sans réponses. Le petit frère, arrivé jeune en France, ne parle pas le géorgien, et s’est totalement intégré comme lui, qui envisage de continuer ses études dans la restauration.
Enoch Artur d’«Urgence sociale» annonce que «l’hébergement d’urgence va être réformé en 2027. Il sera plus court, deux semaines puis à la rue».
Il s’inquiète de cette nouvelle règle et invite les personnes présentes à «être solidaires pour défendre les droits de tous. On commence par les étrangers puis après tous les autres».
Geneviève Coiffard-Grosdoy, militante du MRAP lit la lettre d’une femme expulsée présente à ses côtés, cette dernière explique la situation des familles à Saint-Nazaire, leurs espoirs et inquiétudes.
«Les familles ont des enfants qui parlent français, ont leurs habitudes, leurs camarades et repères depuis de nombreuses années» dit-elle.
Puis elle s’inquiète de la précarité permanente des familles, qui ont le sentiment que leurs dossiers n’avancent pas auprès des autorités. «La Police nous a obligé à quitter notre logement, c’est injuste et stressant» poursuit la jeune femme relayée par Geneviève Coiffard-Grosdoy.
Elle évoque l’instabilité permanente et les conséquences sur la santé des familles concernées. Les obstacles administratifs, sociaux et linguistiques empêchant la plupart d’entre eux de trouver un emploi stable.
Marie-Elisabeth Allaire de l’UCIJ revendique «les mêmes droits pour tous» et une régularisation des familles. Elle souligne que les collectivités peuvent agir. «Depuis 40 ans les lois s’empilent, faisons face à la crise d’hospitalité» ajoute la militante.
Des nouvelles des familles de Shatiko et de Tika rencontrés il y a 10 jours
Les deux familles géorgiennes expulsées fin août sont toujours en attente de solutions. Shatiko nous indique qu’ils sont toujours à l’hôtel, soutenus par les associations mais qu’ils devront probablement le quitter dès lundi. Leurs demandes étant toujours sans réponses.
Rassemblement et manifestation – © Océanis Médias
Suivez-nous sur Facebook: saintnazaireinfos.fr