L’Euphorbe de Séguier est une plante rare de la famille des Euphorbiacées, surnommées «herbes à verrues». Elle ne pousse que sur un sol calcaire.

Machecoul, commune située entre Pornic, Nantes et Challans étant l’une des rares zones calcaires du massif Armoricain, il s’agit du seul endroit en Bretagne où pousse cette plante vivace aux fleurs jaunes, pouvant atteindre 60 centimètres.
Présente en touffes dans des milieux secs et très ensoleillés, elle préfère les lieux où la végétation reste peu élevée.
2 arrêtés de protection du biotope
Afin de mieux la protéger, bien qu’elle le soit déjà depuis un arrêté ministériel du 25 janvier 1993, un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) concernant la commune de Machecoul Saint-Même a été signé au printemps 2026.
Les sites des Prés-neufs, du Four à chaux et du Grand étang sont concernés par l’application de cet arrêté depuis le 1er juin dernier.
Il permet la protection «des pelouses calcaires, un milieu herbacé qui se développe sur des sols calcaires soumis aux enjeux d’enfrichement, d’artificialisation et de refermement» indique la Préfecture, ainsi que de l’Euphorbe de Séguier (Euphorbia seguieriana Neck), espèce protégée et classée «vulnérable» sur la liste rouge de la région Pays de la Loire.
L’accès aux sites indiqués est désormais totalement interdit, toute l’année. «La destruction des végétaux, l’abandon et le déversement d’ordures ou de déchets, ou encore les activités de bivouac, camping, caravaning équestre et de pêche y sont également proscrits», précise l’arrêté.
Les chauves-souris également protégées
Un second arrêté préfectoral de protection de biotope concerne cette fois la commune de Pont-Château. Il s’inscrit, tout comme celui concernant Machecoul, dans le cadre des objectifs de la Stratégie Nationale des Aires Protégées (SNAP 2030) qui ambitionne de préserver durablement la biodiversité sur 30% du territoire national dont 10% en protection dite forte d’ici 2030.
Un objectif à la fois faible au regard des 30% du territoire, mais important pour éviter l’étalement urbain et la dégradation continue des espaces naturels.
Les arrêtés sont pris dans le cadre du code de l’environnement et «visent à protéger les milieux naturels essentiels à la pérennité de certaines espèces animales ou végétales et des biotopes qui leur sont associés».
A Pont-Château ce sont les chauves-souris de la carrière de Grénébo qui sont concernées. «Les galeries souterraines et l’intégralité de la partie rocheuse déclive» sont protégées depuis le 8 avril 2026.
On y trouve de nombreuses colonies de grands Rhinolophes, grands Murins, Murins à oreilles échancrées ou bien encore de petits Myotis, des espèces de chauves-souris. La Bretagne abrite 22 des 36 espèces présentes en France.
Le lieu est l’un des trois sites de Loire-Atlantique inscrit à «la liste des sites français d’importance nationale dans le plan national d’actions pour les chauves-souris».
L’accès à la carrière de Grénébo et dans les galeries souterraines est désormais interdit toute l’années afin de préserver la tranquillité du site et des espèces qui y vivent.
La Préfecture indique que des dispositifs de surveillance et des patrouilles de contrôles sont mis en œuvre pour faire respecter l’interdiction, et rappelle que «toute intrusion peut faire l’objet de poursuites judiciaires en application du code de l’environnement». Des poursuites qui peuvent aller jusqu’à 150 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement.
Photo couverture: Chauves-souris Grand Murin© Bretagne Vivante
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