Le groupe allemand Volkswagen qui détient Everllence (ex MAN), va vendre 51% de ses actions à Bain Capital, un fonds d’investissement américain qui gère 225 milliards de dollars d’actifs à travers le monde.

S’il reste actionnaire minoritaire, avec 49%, «l’opération sera soumise à la finalisation du processus d’information et de consultation en France et à d’autres conditions usuelles, notamment l’obtention des autorisations réglementaires requises» indique le groupe dans un communiqué le 25 juin 2026.
L’entreprise, l’un de leaders mondiaux de gros moteurs et de turbomachines, «pourra poursuivre sa croissance sur les marchés dynamiques du transport maritime international» est-il indiqué.
Everllence compte près de 16 000 salariés et un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros. L’intention de simplifier ses structures, rationaliser sa gestion, renforcer sa situation financière et gagner en flexibilité inquiète, notamment sur le site de Saint-Nazaire.
Car si le constructeur annonce des garanties d’empois pour les sites allemands «au moins jusqu’en 2030», rien n’est acquis de l’autre côté du Rhin.
Réaction du député Matthias Tavel
Matthias Tavel, député de la 8 ème circonscription de Loire-Atlantique a réagi ce lundi dans un communiqué adressé à la presse.
Il rappelle que «en France, Everllence est principalement implanté à Saint-Nazaire. Ses 600 salariés produisent des moteurs de grande puissance et les moteurs de secours d’une partie des réacteurs nucléaires et des sous-marins militaires sous la marque PIELSTICK».
L’élu s’inquiète pour l’emploi du fait de la vente à un fonds d’investissement dont «la recherche de rentabilité à court terme risque de se traduire par des menaces sur les sites et les emplois, d’autant que seuls les sites allemands sont concernés par une promesse de pérennité et d’absence de licenciement dans le communiqué d’Everllence. Aucun engagement n’est mentionné pour l’avenir du site du Saint-Nazaire et les emplois en France».
La députée Aurélie Trouvé (LFI-NFP), rapporteuse de la «commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par des fonds spéculatifs» vient d’ailleurs de rendre un rapport très critique sur les fonds d’investissements qui achètent nos entreprises.
Matthias Tavel avait «alerté le Président de la République à l’occasion de sa visite en Loire-Atlantique ainsi que M. Martin, Ministre chargé de l’Industrie, sur ce processus de vente».
«Dans une lettre au ministre, j’appelle donc le gouvernement à garantir l’avenir du site de Saint-Nazaire, l’emploi et les investissements qui y sont prévus, et la réponse souveraine aux besoins de la Marine Nationale et d’EDF, et à envisager si besoin pour cela une entrée au capital d’Everllence» précise-t-il.
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