Les animateurs, directeurs, responsables éducatifs et Atsem de Saint-Nazaire sont en grève depuis ce lundi 9 mars 2026.

Ils étaient près de 70 réunis à l’appel de la CGT ce midi devant la direction du «Service enfance éducation» square Louis Aragon.
Depuis 2020, le service a subi de nombreuses réorganisations avec un nouveau règlement du temps de travail depuis décembre dernier.
La CGT demande depuis 2023 que les modulations importantes du temps de travail soient prises en compte, sans résultat.
A Nantes cette pénibilité est reconnue, à savoir commencer tôt le matin, terminer tard le soir, avoir des coupures en journée notamment.
Le syndicat souligne que leurs homologues nantais travaillent 1 561 heures par an, 1 575 heures à Rezé, mais 1 607 heures à Saint-Nazaire.
«Il y a des RTT pour les agents dans les bureaux, tant mieux pour eux, mais pour les agents annualisés, rien du tout, alors que c’est vous qui avez les métiers les plus pénibles» souligne Pierrick Leray, de la CGT Territoriaux de Saint-Nazaire et de La Carène.
Une rencontre syndicat-direction qui tourne court
L’épisode neigeux a aussi posé problème en janvier «il y a des écoles où il y avait 2 personnes pour 150 enfants, d’autres avec seulement deux enfant, la municipalité aurait pu fermer les accueils péri-scolaires».
Une mesure qui n’a pas été prise, et qui a conduit à des accidents «on a une collègue à qui on a changé les horaires, qui s’est cassé un bras devant son établissement».
Les représentants du syndicat ont été reçus par la responsable des ressources humaines et le Direction suite au dépôt d’un préavis de grève. Mais l’absence d’élus lors de cette rencontre, n’a pas permis d’avancer, «la RH n’étant pas mandatée pour prendre des décisions».
Le syndicat a demandé des jours de pénibilité supplémentaires au vu des conditions de travail difficiles «des heures en tout cas, comme à Nantes, comme dans les autres villes». Un refus catégorique a été opposé à cette demande.
Le militant évoque également les postes gelés, les turnover permanents, les remplacements non effectués dans les temps.
La prime itinérance «qui je le rappelle n’est pas tombée du ciel mais a été gagnée il y a quelques années» souligne Pierrick Leray, ne serait pas systématiquement prise en compte.
Cette prime qui peut atteindre 200 € par an, est due en cas d’utilisation par un agent de son véhicule pour se rendre d’un lieu de travail à un autre.
La direction du service enfance éducation aurait promis d’accentuer les formations pour les agents du PRI, le «pôle ressources inclusion» avec un programme sur 3 ans. Un éducateur spécialisé viendra également renforcer les équipes du PRI.
La situation dans les écoles est aussi mise en avant comme à Jean Jaurès, impactée depuis plus d’un an et demi, suite à un incendie ayant conduit à un déménagement de la cantine, «les équipes sont toujours à devoir batailler pour obtenir du matériel».
Les collectivités de l’agglo doivent faire 11 millions d’euros d’économies
De l’amiante aurait par ailleurs été trouvée dans les locaux lors des travaux de rénovation, ce qui impliquera probablement un décalage de la rentrée.
«On veut rappeler le contexte national plus que tendu, la casse de la fonction publique suit son cours, les agents des piscines sont aussi en grève.»
Le syndicat a appris que les collectivités de l’agglo devaient faire 11 millions d’euros d’économies «et qu’ils réfléchissaient aux services publics qu’ils allaient enlever», tout en soulignant que ce n’était pas forcément la faute de la municipalité.
«C’est la faute des politiques menées au niveau national, qui enlèvent de l’argent aux collectivités. Elles sont contraintes et au bout du bout, qui en pâtit ? C’est vous, parce qu’il faut que l’on garde le même niveau de service public sans les moyens» dit-il en s’adressant aux agents réunis.
Mireille P. (Nom d’emprunt) ajoute ne pas croire à un choix de carrière pour les agents du service «quand il n’y a qu’un seul barreau sur l’échelle pour grimper. On a tous un savoir faire que l’on a mis des années à acquérir, à améliorer, ce n’est pas normal que l’on n’ait aucune reconnaissance.»
On ne demande pas la lune !
Elle revendique le droit à des formations, et aux heures complémentaires, soulignant que la Direction du service ne prévoyait plus d’embaucher, «hors des contrats très précaires de 20% qui vont venir boucher les trous et que l’on va devoir former sur notre temps de travail».
Après cette première journée de grève, d’autres actions sont prévues dès mardi avec un rassemblement devant la mairie «on n’est pas là pour se mettre en conflit avec les familles, le but c’est de dialoguer et de leur expliquer nos actions, leur montrer pourquoi on est là, qu’on n’est pas juste des clowns casse-pieds qui réclament plus de salaires».
«On ne demande pas la lune, juste une prime itinérance pour ceux qui travaillent 11h par jour, des heures complémentaires pour ceux qui voudraient pouvoir payer leur loyer et vivre décemment.»
Ce besoin de dialoguer avec les familles, et de se faire entendre par le service, ils n’ont trouvé que la grève comme outil pour y parvenir.