
Suite à un appel national, le MRAP et la Ligue des droits de l’Homme organisaient un rassemblement lundi soir devant la mairie de Saint-Nazaire.
Ils étaient près de 250, réunis lundi 26 octobre 2026 à 18h30, en soutien aux victimes de Trappes, devant le parvis de l’hôtel de ville dans la pénombre de la nuit tombante.
Un mort et sept blessés dont deux enfants
Pour rappel, l’auteur des faits, Kevin T. âgé de 39 ans, est accusé de «huit scènes de crime» à Trappes et La Verrière dans les Yvelines le 23 octobre dernier faisant un mort et sept blessés dont trois graves.
Le procureur de la République du parquet national anti-terroriste Olivier Christen a été saisi des faits et a tenu une conférence de presse lundi à 18 heures.
Il a précisé que lors du périple terroriste de l’homme, au volant de sa voiture, ce dernier a tiré 128 munitions au moyen d’un pistolet mitrailleur, tuant Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et blessant deux enfants de 11 et 12 ans lors de sa cavale meurtrière.
Le procureur indique que l’auteur «ne conteste pas la matérialité des faits mais nie le caractère raciste de ses crimes».
Solidarité avec les victimes
Augustin Grosdoy du MRAP a lu un texte au nom des deux organisations, «devant notre maison commune», exprimant «toute notre solidarité avec la famille de Pengo Bossio Wangi, assassiné à 26 ans parce que noir, nos pensées vont à tous les blessés, à leurs familles et à l’ensemble des habitants profondément éprouvés par ces événements» estimant «urgent de faire entendre la voix de tous les humanistes et tous les républicains».
Selon le militant, l’homme interpellé à Trappes «aurait voulu venger des commerçants» après les événements du 17 octobre, «en s’en prenant dit-il aux noirs et aux arabes».
Le parquet nationale anti-terroriste a de fait ouvert une enquête «pour je cite, assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante que les faits auraient été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée» indique Augustin Grosdoy.
«Il s’agit d’un acte raciste comme hélas notre pays en a connu par le passé», rappelant les faits similaires «qui ont touché l’école juive de Toulouse ou l’hyper casher de la porte de Vincennes, le Père Hamel, Aboubakar Cissé, Hichem Miraoui, Saïd El Barkaoui et bien d’autres». Il précise refuser de qualifier ces événements comme de simples faits divers.
«La lutte contre le racisme exige une volonté politique constante, des moyens et des actes»
«Toute indulgence, ambiguïté, alliance ou complaisance avec des forces et des partis et des idées d’extrême droite est une compromission inacceptable, notre force est l’unité de tous quelles que soient nos croyances autour de la défense des valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité», poursuit le représentant du Mrap, appelant les responsables politiques, les pouvoirs publics et les acteurs de la société à leur responsabilité «et à mesurer la gravité de la situation» estimant insuffisant «de s’indigner lorsque le pire survient».
Vincent Rebérioux de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Violaine Lucas du groupe d’élus d’opposition «Ensemble soyons Saint-Nazaire», ont également pris la parole au cours du rassemblement, le premier rappelant les propos de Jean Messiha l’été dernier, dont il a décidé de donner suite avec d’autres associations en déposant plainte dernièrement auprès du parquet de Paris.
Rassemblement à l’appel d la LDH et du MRAP © Océanis Médias
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