Près de 120 personnels de l’Education, enseignants, AESH, assistants d’éducation et élèves ont répondu à l’appel de l’intersyndicale «Educ en lutte» regroupant la CGT, Sud et la FSU, mais aussi la CFDT et l’UNSa lors d’un rassemblement devant la cité scolaire de Saint-Nazaire mardi 31 mars 2026.

Slogans sur les grilles de la cité scolaire – © Océanis Médias

Un rendez-vous à l’occasion d’une semaine d’actions partout en France pour dénoncer les conséquences des manques de moyens dans les écoles, collèges et lycées.

Tous s’alarment des choix budgétaires du gouvernement. Si ce rassemblement concernait avant tout le secondaire il a aussi été question des 88 fermetures de classes à la rentrée prochaine dans les écoles primaires de Loire-Atlantique (voir notre article).

Bernard VALIN, co-secrétaire de la FSU de Loire-Atlantique détaille une vingtaine de fermetures de postes dans le secondaire dans le département «ça se répartit soit en heures perdues, soit en fermetures de postes, alors que dans le premier degré, ce ne sont pas des heures perdues, on ferme directement des classes».

Dans le 1er degré (écoles primaires) «il y a eu 88 classes fermées annoncées hier pour une vingtaine d’ouvertures».

Dans le secondaire, «au lycée Aristide Briand, qui perd des postes, les élèves vont passer à 35 par classe au lieu de 33 ou 34, quand d’autres établissements ne perdront que 10 ou 12 heures par exemple».

Sophie LE PAPILLON de la FSU précise qu’ «il y a des suppressions mais surtout une augmentation des effectifs par classe, là ça explose».

Elle prend l’exemple du collège Jean Moulin à Saint-Nazaire, «ils ne perdent pas de classes mais ils vont tous passer à 28-30 élèves, dans un collège déjà pas forcément le plus simple».

A Guérande, au collège Jacques Brel, elle souligne la chance de n’avoir que 21 élèves dans les classes de 6 ème, «mais il faut savoir que certains ont des suivis, avec 7 AESH, et ils vont se retrouver en 5 ème l’année prochaine à plus de 28». Elle regrette les choix de fermetures «avec de plus en plus d’inclusion, sans moyens».

Après le Covid qui a provoqué des problèmes chez de nombreux lycéens et collégiens, l’éducation devait être une priorité «mais ça ne l’est pas du tout en fait. Economies, économies, mais par contre il y a de l’argent pour la Défense, pas besoin d’enseigner si c’est pour faire de la chair à canons».

Une classe de seconde et une de première en moins à Aristide

Pour le lycée Aristide Briand, qui compte 17 classes de seconde, 19 de première et 22 Terminales, 108 élèves en moins sont prévus pour la rentrée, sur 2 500, «on perd une classe de seconde et une de première» souligne Laëtitia BOMPAYS de la CGT «Educ’action» et enseignante au lycée public nazairien «sans la suppression d’une classe de seconde on aurait eu 32 élèves au lieu de 35».

Pour accueillir correctement les élèves, les enseignants rêveraient de n’avoir que 24 à 25 lycéens par classe. «On nous demande d’évaluer les élèves pour le bac dès la première avec un contrôle continu, dans des cases de 35». Une situation d’évaluation à laquelle les enseignants s’étaient opposé, restant favorables à des épreuves terminales.

«Dès qu’il y a des absences, il n’y a pas de remplaçants, ça pèse sur les contrôles continus des élèves, qui sont évalués partiellement pour le bac.»

Un manque d’adultes est aussi dénoncé, avec un manque d’assistants d’éducation, notamment deux postes pour maintenir l’internat ouvert le dimanche soir.

«On est dans la poursuite de la diminution du service public et c’est partout en France la même chose». Pour l’enseignante militante, «les élèves ont besoin pas seulement de la surveillance et des punitions, ils ont aussi besoin d’être encadrés, accompagnés, protégés».

Les AESH aussi sont mobilisés

Les AESH (Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap) dont certaines venues de Pont-Château et Saint-Gildas des bois, sont aussi mobilisées dénonçant des changements d’enfants en cours d’année «certains élèves perdent des heures, on est à 3h, 5h avec chaque élève, on saupoudre notre aide».

Gwladys, Anne et Christelle interviennent aussi bien en primaire qu’au collège, et souhaitent une meilleure reconnaissance de leur fonction «on a l’impression d’être de plus en plus des marionnettes, on n’est pas assez nombreuses pour le nombre d’élèves, il n’y a pas d’embauches, on est dans le rouge» indique la première.

Dans le secteur Brière dont elles dépendent, il manquerait 3 à 4 AESH, d’autant que les départs en retraite ne sont pas remplacés.

Embauchées par l’Education nationale en CDI, elles précisent ne pas être fonctionnaires et seraient près de 500 à exercer en Loire-Atlantique, aussi bien dans le public que dans le privé.

«En début d’année, un élève a 6h et au fil du temps comme d’autres arrivent, on réduit les heures de chacun, on se retrouve à gérer 5 ou 6 enfants dans la semaine sur 3 établissements» mentionne Christelle. «On passe du temps sur la route avec des petits salaires.»

Anne fait un constat amère, «les élèves en situation de handicap ont besoin de sécurité affective, et on fait le contraire maintenant».

«Il manque aussi des structures adaptées. On a fait l’inclusion mais il manque des places, on met des enfants dans les écoles mais ce n’est pas adapté, certains enfants ne peuvent pas suivre avec leurs troubles», une situation que toutes reconnaissent comme étant compliquée pour les enfants qu’elles suivent.

«On passe d’un enfant à un autre, d’un trouble à un autre, d’un handicap à un autre, c’est à nous de nous adapter tout le temps, sans formations, on manque de formation et d’accompagnement» conclut Gwladys.

 

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