Avec l’envolée des prix du carburant, et un gazole qui dépasse souvent les 2,20 € par litre, le président du département de Loire-Atlantique, Michel Ménard, vient d’interpeller des ministres.

Il demande un soutien ciblé pour les aides à domicile, précisant que le Département ne peut pas se substituer à l’Etat au vu de ses finances.
Certains départements ont toutefois mis en place une aide, minime certes mais toujours la bienvenue.
C’est le cas de la Meurthe et Moselle, qui a annoncé hier jeudi une revalorisation de 3 cents l’indemnité de déplacement actuellement fixée à 0,38 € par kilomètre.
Ce qui représenterait l’équivalent de 0,20 € par litre de carburant. Une mesure estimée entre 200 000 et 250 000 € par le département.
«Sous l’effet de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les prix du carburant se sont envolés et atteignent des niveaux sans précédent en France» indique un communiqué du Département.
«Parmi les professionnels fortement touchés, les aides à domicile figurent en première ligne, contraintes d’effectuer chaque jour de nombreux déplacements pour accompagner des personnes en perte d’autonomie.»
Dans ce contexte, le département alerte le gouvernement sur la fragilité du secteur et demande «la mise en place d’un soutien financier ciblé» afin d’atténuer l’impact de ces hausses de prix et sécuriser leur activité.
Michel Ménard, président du Département de Loire-Atlantique, vient d’adresser un courrier à la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, et à la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier.
Courrier adressé par Michel Ménard, président du Département de Loire-Atlantique
Mesdames les Ministres,
L’envolée des prix du carburant touche l’ensemble des Français, notamment celles et ceux contraints d’utiliser leur véhicule dans le cadre professionnel. C’est le cas des aides à domicile, particulièrement en milieu rural, qui peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres chaque semaine pour accompagner des personnes âgées ou en situation de handicap.
Pour ces professionnels dont les revenus avoisinent le SMIC, les prix actuels du carburant représentent une charge financière insupportable avec des indemnités kilométriques insuffisantes pour couvrir à la fois les frais d’essence et l’entretien des véhicules.
Cette situation place les auxiliaires de vie dans une impasse critique : beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur la viabilité de leur activité quand un déplacement coûte davantage qu’il ne rapporte.
Dans ce contexte, les refus d’intervenir dans des zones isolées ou pour des missions de courte durée risquent de se multiplier, pénalisant directement les personnes les plus vulnérables et leurs proches aidants.
Au-delà de l’urgence sociale, c’est la pérennité même de la filière qui est en jeu. Déjà fragilisé par des difficultés de recrutement, le secteur perd de son attractivité au moment même où les besoins de la population s’accroissent de plus en plus vite.
Nombre de services d’aide à domicile connaissent par ailleurs des difficultés financières et ne peuvent donc augmenter les indemnités kilométriques, particulièrement lorsqu’ils appliquent le tarif plancher. Les Départements, qui restent étranglés financièrement et dont les dépenses d’APA et de PCH ne sont toujours pas compensées à 50%, ne peuvent pas non plus être en première ligne.
Pour ces raisons, je vous appelle à la mise en place de mesures qui pourraient prendre la forme d’une aide ciblée visant à compenser la hausse des carburants sur toute la durée de la crise.
Sans un soutien structurel face aux dépenses de carburant, l’ambition nationale de favoriser le maintien à domicile pour les personnes âgées et handicapées ne pourra être tenue, faute de professionnels en capacité de se déplacer. Les aides à domicile font un travail essentiel ; ces travailleuses et travailleurs de première ligne méritent d’être soutenus.
Je compte sur vous.
Je vous prie d’agréer, Mesdames les Ministres, l’expression de ma haute considération.