Il aura fallu presque cinq ans…

Jean Goychman

" Le 9 juin 2016, dans une indifférence française quasi-générale, le tribunal de Séoul décidait la mise sous séquestre de la société coréenne STX shipping yards, actionnaire majoritaire de la société STX France, qui avait racheté les 66% de son capital à la société norvégienne Acker Yards quelques années avant.

Si cette mise sous séquestre ouvrait clairement la voie à une liquidation de STX Corée, qu'allait devenir STX France dans cette éventualité ?

Au regard du droit international, la cause était pratiquement entendue et STX France serait liquidée.

En raison de ce danger qui menaçait cette entreprise emblématique de notre région, le groupe FN-RBM, devenu depuis groupe RN, est donc intervenu lors de la séance plénière du Conseil Régional du 23 juin 2016 afin d'alerter cette assemblée du risque encouru par STX France du seul fait de la faillite de sa maison-mère, alors qu'elle-même possédait un avenir dégagé, garanti par un carnet de commande portant sur une dizaine d'années, et se trouvant de facto dans une situation d'indépendance financière.

Durant tout ce temps, et malgré les efforts unanimes des différents groupes régionaux des Pays de la Loire, les gouvernements successifs, bloqués par une idéologie euro-mondialiste, n'ont pas épargné leurs manœuvres pour que la solution la plus simple, la plus rationnelle et la plus porteuse d'avenir ne soit adoptée."


" Pour procurer un minimum de trésorerie à STX Corée, le tribunal de Séoul a autorisé la mise en vente séparée de STX France. Un seul client éventuel s'est manifesté, la société italienne Fincantiéri, qui proposait en contre-partie du rachat des 2/3 du capital de STX France la somme de 80 millions d'euros.

A ce prix-là, l’État français, propriétaire du reste du capital, aurait pu immédiatement -le pacte d'actionnaires l'y autorisant- faire un chèque de ce montant et l'affaire était jouée.

C'était sans compter sur les tenants de l'ultra-libéralisme qui n'arrivaient pas, quelques soient les avantages évidents d'un rachat à un tel prix, à se résoudre à enfreindre leur sacro-sainte doctrine.

Ce n'est que quelques heures avant la date de clôture fixée par Séoul que le gouvernement se décida, enfin, à faire le chèque.

Mais tout n'était pas encore dit. Ce rachat de capital ne devait être considéré que comme un portage d'actions qui seraient revendues dès que possible à Fincantiéri. Sous les différentes pressions d'opinion, le gouvernement sortit de son chapeau un partage inédit. Il ne revendait à Fincantiéri que 50% des parts de STX France, qui reprenait d'ailleurs son nom initial des « Chantiers de l'Atlantique » de façon à ce que l'entreprise italienne ne soit pas majoritaire. Mais pour rétablir cette dernière dans son pouvoir de contrôle, Fincantiéri se voyait proposer de louer le 1% supplémentaire pour une durée de quelques années.

Heureusement, cette combinaison bizarre n'a pu voir le jour et, constatant que tout avait été tenté pour ne pas renationaliser cette entreprise pourtant hautement stratégique, et compte-tenu de l'avis défavorable de la Commission Européenne qui y voyait une forme d'abus de position dominante, les deux protagonistes se rallièrent à l'évidente sagesse, qui imposait de laisser les Chantiers sous la tutelle d'un actionnariat français.

Il a quand même fallu presque cinq ans et peut être, liée à l'épidémie COVID, une prise de conscience de l'impasse dans laquelle la désindustrialisation allait pousser notre pays."

 

Jean Goychman

Président du Groupe RN Pays de la Loire

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