manifestation CGT hôpital de Saint-Nazaire

Un appel à la grève était lancé dans les hôpitaux un peu partout en France mardi 15 septembre 2026.

Repris à Saint-Nazaire par la CGT qui a décidé d’interpeller les patients à l’entrée de la cité sanitaire Georges Charpak, un énorme paquebot où travaillent 3 300 personnes dont 400 médecins.

Le syndicat dénonce une situation catastrophique du système de santé, médico-social et d’accompagnement social en France. Celui-ci n’est plus en capacité d’absorber les crises et reste en tension permanente.

La CGT refuse un budget pré-défini

Alors que le PLFSS, le projet de loi de financement de la sécurité sociale, va bientôt être discuté et voté à l’Assemblé Nationale, la CGT veut mettre l’accent sur le fait que l’hôpital fonctionne grâce à un budget sur lequel ils refusent les coupes et une enveloppe budgétaire pré-définie qu’ils considèrent comme absurde au regard des besoins réels.

Les personnels épuisés sont en sous-effectifs en permanence, subissent épuisement professionnel, plannings instables, rappels sur repos, des départs et des difficultés de recrutement ainsi que la fermeture de lits et de services.

Le fiasco du bail emphytéotique, financement privé-public

Concernant le bail emphytéotique de l’hôpital qui plombe ses possibilités d’investissement,  Emilie BESNARD aide-soignante et secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de St-Nazaire précise que le dossier est toujours en cours malgré les demandes de toutes les parties. «A chaque nouveau ministre on repart à zéro, j’espère que le dossier va aboutir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut trouver une solution pour sortir de ce bail».

Ce dernier est un boulet de 17,5 millions d’euros à la charge de l’hôpital chaque année sur un coût global de 23 à 25 millions d’euros partagé avec la Clinique de l’Estuaire.

Il augmente de 0,5% par an depuis sa mise en place en 2008 et court jusqu’en 2043. Une aide de l’ARS d’un peu plus de 8 millions doit être supprimée d’ici 2 ans, ce qui inquiète le syndicat.

L’hôpital a également du mal à recruter du personnel. «Il n’y a pas grand monde sur le marché, et les gens ont des exigences qui ne correspondent pas forcement aux possibilités de l’hôpital qui est ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, donc forcément il y a des horaires de nuit, atypiques, on travaille le dimanche et les jours fériés.»

Des conditions de travail qui ne sont pas toujours attirantes «avec les difficultés du quotidien à devoir gérer toujours plus avec toujours moins de moyens, ça produit une perte de sens au travail pour beaucoup de gens et on perd des personnes et des vocations».

Les urgences saturées pratiquement en permanence

Les urgences qui sont passées plusieurs fois en «plan blanc» depuis le début de l’année, ne voient pas non plus leur situation s’améliorer. «Ca serait plus simple de compter les jours où on n’est pas en plan blanc ou en plan canicule» ironise Emilie Besnard.

Le manque de médecins traitants sur le territoire conduit à ce que de nombreuses personnes s’adressent directement aux urgences «parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions».

La saison touristique, qui n’est pas terminée, avec également une hausse de la population qui fréquente la cité sanitaire de Saint-Nazaire est aussi un problème, «on est une région qui attire, donc on a une augmentation aussi de la population de base et ça ne va qu’empirer avec le nouveau projet sur les chantiers qui va attirer de nouveaux travailleurs donc aussi des familles».

Les urgences, même lorsqu’elles ne sont pas en plan blanc, sont toujours sur le fil du rasoir. «On nous demande toujours de faire plus avec les mêmes moyens ou même moins. Les prises en charge sont de plus en plus lourdes car les gens arrivent de plus en plus tard, ce qui demande plus de soins, une plus grosse prise en charge, de plus gros traitements» et conduit aussi à une perte de chance pour certaines personnes.

« L’argent existe ! »

Pour la CGT, «l’argent existe», comparant les miettes données à l’hôpital public au «premier poste budgétaire de l’Etat (qui) est celui des aides aux entreprises avec 211 milliards d’euros par an sans contrôle ni contrepartie».

Le syndicat fulmine également le budget de l’armée «passé de 32 à 54 milliards» et la loi de programmation militaire qui prévoit de le porter à 68 milliards d’euros d’ici 2030.

La journée de solidarité mise en place par Jean-Pierre Raffarin en 2003, qui a rapporté plus de 63 milliards depuis cette date, et dont les Ehpad et services de psychiatrie n’ont pas vu la couleur indigne tout autant la CGT qui demande la climatisation urgente des services ainsi que des bâtiments d’Heinlex et le Ponant.

Rassemblement devant l’hôpital – © Océanis Médias

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