La passerelle qui sillonne les roselières du marais de Lavau, menant à l’observatoire du plasticien japonais Tadishi Kawamata, va être détruite.

Marais de Lavau et une œuvre « Estuaire 2007 » – © Océanis Médias

Créée en 2009 à l’occasion de la biennale «Estuaire 2007-2009-2012», cette œuvre est devenue une destination touristique à part entière entre Loire et marais.

Cette passerelle en bois de plus de 750 mètres sur pilotis, construite pour relier l’observatoire créé en 2007, n’est située qu’à 40 cm au dessus de l’eau et a commencé à donner des signes de faiblesse dès 2012.

C’est à l’occasion du conseil municipal du 27 mai 2026 que les élus de Lavau sur Loire, petit village situé dans les marais, ont découvert avec stupeur que l’élément touristique de la commune allait être démonté à l’automne prochain et non remplacé suite à des «problèmes structurels».

Une bataille judiciaire pour la passerelle

Aujourd’hui fermée au public, la passerelle a fait l’objet d’un litige judiciaire dont l’épilogue a eu lieu le 10 juillet 2020 avec la condamnation par la cour administrative d’appel, du maître d’œuvre Arcadis à payer 1,5 million d’euros au VAN et au conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres.

Le choix des matériaux, notamment du bois de châtaignier, inadapté aux conditions du site humide et à la durée de vie de l’œuvre estimée à 20 ans, était contesté par les parties.

Le jugement indiquait que la somme allouée permettait une remise en accessibilité du site, ce que contestait le Voyage à Nantes, tandis qu’Arcadis estimait de son côté pouvoir reconstruire une passerelle d’une durée de vie de 50 ans avec un tel budget. 

Une pétition citoyenne et déjà plus de 1 500 signatures en 5 jours

Jean-Yves Martin, Géohistorien, auteur et ancien élu Loire et Sillon et syndic de Brière, à l’initiative de cette pétition, demande où est passé l’argent, «les citoyens sont aujourd’hui en droit de savoir comment ces fonds ont été utilisés, quelles réparations ont été réalisées, et pourquoi, malgré cet investissement important, l’hypothèse d’une disparition définitive est désormais envisagée».

Il précise aussi que l’estuaire de la Loire n’est pas une succession d’événements temporaires. «C’est un territoire vivant dont le patrimoine naturel, culturel et paysager se construit dans la durée. Les choix qui concernent ses sites emblématiques méritent donc transparence, débat et vision à long terme.»

Le Député Matthias Tavel soutient l’initiative

Le député de la 8ème circonscription, Matthias Tavel s’insurge contre ce choix. Dans un communiqué, il dénonce la destruction de la passerelle «Cette décision unilatérale du Voyage à Nantes est inacceptable. J’avais moi-même interpellé Madame Sophie Lévy, la directrice, le 3 avril par courrier. La réponse reçue début mai n’évoquait pas cette destruction. La décision sur le fond comme sur la méthode est inacceptable».

Pour lui, «cette promenade offre un point de vue unique sur l’Estuaire de la Loire et fait partie du patrimoine local auquel les riverains et usagers sont très attachés».

L’élu s’interroge sur la place accordée à la culture dans les milieux ruraux avec cette disparition, et sur la valorisation de l’estuaire de la Loire en tant que patrimoine naturel.

Matthias Tavel demande le retrait de cette décision et appelle à une «large concertation avec les acteurs et actrices du territoire permettant l’examen des solutions alternatives».

Il indique avoir lui aussi signé la pétition dont des habitants du secteur sont à l’origine et interpelle par courrier le président du Voyage à Nantes, Aymeric Seassau, également adjoint à la culture de la ville.

La pétition pour sauver l’œuvre de Kawamata

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