C’est un riverain qui, allant voir s’il y avait des champignons, a alerté l’association la semaine dernière, en constatant l’abattage de nombreux chênes sur une prairie qu’il connait bien depuis des décennies.

Premier acte le 9 octobre 2026, quand André Guihéneuf, propriétaire d’un terrain à proximité du lieu des faits, tombe une entreprise mandatée par RTE pour «nettoyer» sous une ligne à haute tension sur l’île du Passouer à l’Immaculée.

Ce jour là il constate «26 chênes à terre, d’un diamètre de 30 à 40 cm et d’une hauteur de 10 à 12 mètres». Habituellement ces arbres étaient élagués tous les 3 à 5 ans et ne posaient pas de problème au vu de la hauteur de la ligne électrique.

Une cinquantaine de chênes à terre

Mais selon un employé de l’entreprise, un agriculteur lui aurait demandé de couper plus d’arbres que prévu. André Guihéneuf s’offusque et se demande si ce dernier est réellement propriétaire du terrain.

Revenant sur les lieux le 15 octobre, il constate avec désolation, que ce sont une cinquantaine d’arbres, majoritairement des chênes qui ont été coupés. Pire, les souches ont été retirées, empêchant toute repousse possible «ils ont passé le rotavator, et vont tout foutre en l’air».

 

 

Alertée, l’association Natur-Action a écrit en mairie et attend toujours une réponse des élus en charge du dossier, Christophe Cotta et Dennis Octor, qui ont répondu lundi dernier s’occuper du dossier et revenir vers l’association rapidement.

Selon RTE, le terrain serait une ancienne prairie en friche, colonisée par des chênes de 11 à 20 cm de diamètre

Ce que conteste Natur-Action qui a invité la presse à constater l’ampleur des dégâts sur place mardi 20 octobre 2026. Les élus, également conviés, ne sont pas venus au rendez-vous.

Si une partie des arbres étaient effectivement situés sous la ligne, et jusqu’à présent simplement élagués d’après André Guihéneuf, une autre partie était éloignée de plusieurs dizaines de mètres et ne justifiait pas cet abattage. «J’ai 84 ans, j’ai jamais vu ça de ma vie, jamais, c’est une honte, on n’abîme pas la nature comme ça» s’exclame t-il.

«Il faudra 50 ans pour refaire pousser des arbres comme ceux-là» s’indigne Gabriel Ceroni de Natur-Action, «j’aimerais bien que les gens soient plus nombreux à venir voir ici, comment c’est possible d’abattre des arbres, encore».

Les membres de l’association dénoncent surtout «un carnage caché», un «esprit de camouflage des coupes». «Pourquoi enlever les souches des arbres éloignés ? Ils ne gênaient pas» dit Jean-Claude Bourigaud qui précise avoir demandé si le terrain était classé dans le PEAN (périmètre de protection des espaces agricoles et naturels) ce à quoi il dit avoir obtenu une réponse positive.

Une éventuelle autorisation qui change la donne

Des coupes massives et irrémédiables

A la question de savoir si un arrêté a été pris pour les coupes, Gabriel Ceroni répond clairement «s’il y a eu un arrêté préfectoral, un arrêté municipal ou de la Carène, ils n’ont pas à se cacher et à camoufler ce qu’ils ont fait».

Pour lui, il est évident que le propriétaire du terrain a eu l’accord de l’un ou de l’autre «sinon c’est illégal et c’est un délit. Sachant la richesse environnementale, comment peut-on détruire aujourd’hui 50 arbres comme ça ?»

Car si près d’un hectare de terrain a été défriché, l’association s’inquiète pour les espèces  animales qui l’occupaient «et la biodiversité riche, pas désertique» tient à souligner Gabriel Ceroni.

Le président, Alain Yviquel mentionne que «même la société de chasse s’en est émue et se dit choquée» par les coupes.

Les militants regrettent de ne pas être suffisamment alertés lors de ce type d’opération à l’extérieur de la ville, tandis qu’ils restent vigilants au quotidien sur des secteurs comme le chemin côtier.

Les arbres coupés © Océanis Médias

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