Les collectifs CIIVISE 1, Femmes Solidaires, le collectif enfantiste, soutenus par la CGT, la FSU et Solidaires, appelaient à nouveau à un rassemblement devant le Tribunal Judiciaire de Saint-Nazaire.

rassemblement loi intégrale St-NazaireLundi 5 octobre 2026, après plusieurs rassemblements avant l’été, ils étaient quelques dizaines à se retrouver pour cette nouvelle mobilisation contre les violences sexuelles envers les enfants et les femmes.

Tous espéraient pouvoir se réjouir «qu’une loi intégrale synonyme d’éducation, de prévention, de protection, d’écoute et de soin des victimes de violences sexistes et sexuelles» soit enfin votée dans quelques jours par les députés à l’Assemblée nationale, contribuant «à créer une société où les enfants auraient été réellement protégés par l’Etat».

Mais la désillusion gagnait les rangs, le rendez-vous avait un goût amer ce lundi soir. «Sur les 9 articles consacrée aux enfants, 4 ont été supprimés, dont celui qui empêchait de traiter en criminelle les mères protectrices» indique une porte-parle du collectif.

La loi de financement de la sécurité sociale devant être débattue et votée dans les prochains jours, «en même temps que la loi intégrale, on sait qu’une fois que la fenêtre sera passée, il n’y aura plus de moyens de faire pression sur les budgets 2027, sauf mobilisations d’ampleur».

Seul l’entretien prévu lors de l’année de CP est maintenu

«L’entretien annuel obligatoire demandé depuis des années par la Ciivise a été supprimé par les macronistes en commission» s’indigne Maylis Rousteau, éducatrice  à la protection de l’enfance et  membre de la CGT action sociale.

La loi intégrale avait repris cette préconisation, qui consistait en un entretien annuel réalisé par des infirmières ou des assistantes sociales dans les écoles, afin de détecter les violences sexuelles et sexistes subies par les enfants.

Assistantes sociales, éducateurs, psychologues et infirmières ont déserté les établissements scolaires, laissant les CPE effectuer ce travail en supplément de leur charge de travail habituelle, «il faut remettre du lien social dans cet espace de service public sans que cette charge ne revienne sur le personnel enseignant qui a déjà ses missions d’instruction».

En revanche, l’arrivée d’une troisième juge pour enfants au tribunal judiciaire de Saint-Nazaire est vécue comme une bonne nouvelle afin d’absorber le retard dans le traitement des dossiers concernant les mineurs.

Une bonne nouvelle tempérée par l’absence de budget «pour exécuter les ordonnances que vont prendre les juges, il n’y pas de budget supplémentaire de prévu pour l’aide sociale à l’enfance (ASE)», craignant davantage de dossiers traités «mais sans mettre d’humains derrière pour accompagner les enfants, soutenir les parents».

A l’Assemblée nationale «on affiche que l’on travaille sur cette loi intégrale, mais en pratique sur le terrain on n’écoute pas les jeunes, et concernant l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) dans le cadre de l’Education nationale, il n’y a pas de budget non plus» souligne Maylis Rousteau.

Le financement espéré de 3 milliards pour l’ensemble des dispositifs prévus par le texte initial ne financera pas la refondation de l’aide sociale à l’enfance, ni la lutte contre les violences sur les enfants ni les séances d’EVARS qui ne sont toujours pas mises en œuvre.

Les organisateurs appellent à poursuivre leurs revendications, «faisons converger nos luttes et imposons-nous par la force du nombre dans la rue».

Une mobilisation commune pour obliger les députés et sénateurs à garantir que l’Etat écoute et tienne compte de leurs revendications concernant les droits des enfants, des femmes «et de toutes les personnes vivant des discriminations et pour mettre fin à toutes les violences intra-familiales et sociétales».

Rassemblement du 5 octobre 2026  –  © Océanis Médias

Laisser un commentaire

Commentaires

Réseau média web

Liens utiles

Twitter

Afficher plus