Cinq listes sont aujourd’hui en course pour les municipales des 15 et 22 mars 2026 à Saint-Nazaire.

Parmi elles, la liste «Lutte Ouvrière le camp des travailleurs» menée par Eddy LE BELLER, technicien aux chantiers de l’Atlantique, est composée de «travailleuses et de travailleurs» déterminés à faire entendre une voix indépendante et qui «n’acceptent pas la dictature que le grand capital impose à toute la société».
Le candidat n’est pas inconnu dans le paysage politique nazairien, puisqu’il s’est déjà présenté en 2014 et en 2020.
On retrouve sur la liste, Marie-France BELIN, employée administrative retraitée, militante et encartée Lutte Ouvrière depuis 1972. Elle a participé à toutes les élections législatives depuis 1975, ainsi qu’à plusieurs reprises aux municipales de saint-Nazaire.
Egalement parmi les co-listiers, Annie HERVO, éducatrice retraitée, ou encore Sébastien BENOIT, charpentier métaux aux Chantiers de l’Atlantique.
Eddy Le Beller est bien conscient que «ces élections, pas plus qu’aucune autre, ne peuvent changer notre sort».
Pour lui, «le véritable pouvoir dans cette société n’est ni au parlement et encore moins au conseil municipal. Il est dans les conseils d’administration des grandes entreprises : dans la région ceux de Total, d’Airbus, des Chantiers d’Atlantique ou de Yara ont infiniment plus de pouvoir sur notre santé, notre niveau de vie ou notre avenir que les maires de la Carène».
«A titre d’exemple, les maires ne peuvent augmenter les impôts locaux sur les entreprises au-delà du taux d’augmentation imposé à la population. L’inverse est par contre tout à fait possible ! Et si un maire ne donne pas satisfaction à la bourgeoisie, le préfet peut le démettre.»
Les co-listiers de Lutte Ouvrière attendent surtout des mesures contraignantes de la part de la Préfecture afin de limiter les pollutions engendrées par les industries du bord de Loire, qui conduisent à une surmortalité à Saint-Nazaire.
«Le bulletin de vote n’a jamais changé la vie de quiconque. Mais il permet de s’exprimer car rester muet et sans volonté face aux coups des capitalistes serait la pire des choses.»
Ils refusent l’affrontement «que préparent les dirigeants impérialistes», qu’il s’agisse de la compétition entre Donald Trump et la Chine ou bien encore avec l’Europe par une politique belliqueuse visant à contrôler les ressources de la planète.
Eddy Le Beller et sa liste sont également très critiques vis à vis du président de la République «Macron nous fait construire ici un porte avion nucléaire pour porter la mort aux quatre coins de la planète. Et son chef d’Etat-major nous demande de nous préparer à sacrifier la jeunesse de ce pays dans ces guerres à venir».
Se souvenant d’une ville entièrement détruite par les bombardements à la fin de la seconde guerre mondiale, il assure «ne pas vouloir de cet avenir» pour Saint-Nazaire.
«Dès aujourd’hui on trouve de l‘argent pour préparer la prochaine guerre tandis que les services publics de la santé ou de l’école se délitent. Il faut inverser le cours des choses.»
Pessimiste sur un changement qui «ne viendra pas d’en haut» ni d’aucun des dirigeants politiques actuels qui «s’inscrivent tous dans le cadre du capitalisme, qu’ils soient d’extrême droite, de droite ou de gauche» le candidat préfère affirmer que seuls les travailleurs peuvent stopper la course folle du capitalisme, qu’ils peuvent «le renverser et refonder la société sur des bases collectives».
Il regrette au passage l’absence de «luttes d’ensemble permettant de tenir en respect le patronat», par un monde du travail amorphe.
«Des années que les travailleurs n’ont pas fait l’unité de leur camp contre la dictature du grand patronat. La bourgeoisie et ses politiciens profitent de cette situation pour diviser et individualiser les travailleurs. Ils jouent sur les préjugés, le racisme, le nationalisme, le sexisme pour contrer toute idée de révolte collective. Mais cela n’aura qu’un temps» présage-t-il.
Eddy Le Beller considère que le camp des travailleurs existe toujours avec des millions de travailleurs unis dans les mêmes problématiques de salaires, de logement, de conditions de travail, de santé, de transport.
«Au travail, ils mesurent leur rôle indispensable puisque rien ne peut se concevoir, se créer et se produire sans eux. Ils mesurent la complémentarité des travailleurs et la supériorité du collectif, c’est-à-dire ce qui fait la force de leur classe sociale.»
C’est pour ne pas laisser la politique aux notables et aux politiciens que les candidats de la liste «Lutte Ouvrière le camp des travailleurs» entendent «défendre leurs intérêts de travailleurs et dénoncer un système qui est en train de nous broyer. Ils montrent qu’ils croient dans leur propre camp et c’est le meilleur gage pour l’avenir».
La liste veut montrer «qu’il y a un chemin pour tous ceux qui ne se résignent pas et veulent changer la société (…) qu’il y a des femmes et des hommes qui ne se laissent pas intimider par l’étalage de puissance de la grande bourgeoisie».
Fête de Lutte Ouvrière et débat avec Eddy Le Beller, samedi 28 février 2026 à partir de 16h à Saint-Nazaire, alvéole 12 de la base sous-marine.
