C’est ce que l’on appelle un retour de boomerang. Alors que le groupe d’élus d’opposition de l’actuel conseil municipal «Ensemble solidaires et écologistes» décide de porter plainte suite au déterrement de l’arbre de la laïcité, le maire réagit vigoureusement.

Tout commence le mardi 9 décembre 2025, quand la mairie de Saint-Nazaire organise une action symbolique en compagnie de lycéens, à l’occasion des 120 ans de la loi sur la laïcité, en plantant un arbre au jardin des plantes.
Quelques jours plus tard, des employés du service des espaces verts constatent que l’arbre a été déterré et remplacé par un sapin de Noël.
Tout le monde réagit, le maire David Samzun condamne l’acte par ces propos: «déterrer l’arbre de la laïcité et le remplacer par un sapin décoré mentionnant «Joyeux Noël» est un acte irrespectueux des principes républicains».
Dans la suite de son message, l’élu précise condamner cette action «avec fermeté pour sa grande gravité tant il vient heurter les valeurs fondatrices de notre République que je défendrai toujours: liberté, égalité, fraternité. Je ne lâcherai rien» termine-t-il.
A cette époque, aucune revendication ne vient alimenter le débat et l’affaire disparait au bout de quelques jours.
Mais, mercredi dernier, le groupe «Ensemble solidaires et écologistes», dont certains élus actuels repartent en campagne pour les municipales de mars prochain, indique saisir la Procureure de la République de Saint-Nazaire sur le fondement de l’article 40 du code pénal.
En clair, cela signifie que toute autorité, officier public ou fonctionnaire qui acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit dans l’exercice de ses fonctions, est tenu d’en aviser le procureur de la République.
Les élus disent avoir trouvé facilement une revendication datée du 18 décembre sur Instagram «donc parfaitement publique».
Ils soulignent aussi que «sur un fil Telegram également public, les arguments sont développés, cet acte aurait été commis au titre du «renouveau français» et de l’identité catholique de la France, en opposition à la loi de 1905 sur la laïcité».
Selon le communiqué, ils auraient également trouvé l’identité du groupe, intitulé «front nazairien».
Les élus municipaux d’opposition «révèlent aujourd’hui cette information et condamnent tout acte réprobateur du bien vivre ensemble ainsi que le manque d’investigations suite à cet événement».
Ils s’étonnent également «qu’au delà des déclarations à la suite des faits, aucunes suites sérieuses n’aient été entamées».
En conclusion le groupe d’élus interpelle les partis en place et les candidats aux municipales pour «connaître leurs positions quant au traitement qu’ils prévoient d’un groupuscule identitaire de ce genre».
Ce communiqué a fait bondir David Samzun qui, sur son compte public Facebook, indique «il faut oser», en fournissant une vue d’écran des commentaires d’une élue du groupe minoritaire (démissionnaire depuis 2024) qui indiquait alors «je trouve ça mignon, mais bon… Certains préfèrent voir le mal partout».
Et le maire-candidat de conclure «ils me donnent des leçons de fermeté républicaine», jugeant que cette «indignation tardive n’est pas une défense des principes» mais une instrumentalisation électorale en vue des municipales dans un mois et demi.
