Il s’agissait de la 5 ème action lycéenne depuis le début du mouvement. Près de 800 personnes ont défilé à Saint-Nazaire mardi 13 octobre 2026.

S’ils étaient un peu moins nombreux que la semaine dernière, le défilé s’est effectué sereinement depuis la cité scolaire où tous, lycéens, enseignants et syndicats avaient rendez-vous à 10 heures ce matin.

Après un feu de poubelles devant le lycée Aristide Briand en début de matinée, le cortège, lycéens à l’avant, a pris la route vers la sous-préfecture en passant par l’avenue De Gaulle.

Au loin, sur les marches de l’hôtel de ville, une quinzaine de CRS attendaient les manifestants qui n’ont pas fait de détour, évitant toute tension hormis quelques slogans anti police criés de loin par les lycéens.

Les syndicats également mobilisés

Si les principaux syndicats avaient donné rendez-vous à leurs militants, de nombreux salariés de La Poste, Airbus, ou encore des agents de services hospitaliers et municipaux étaient là en soutien des lycéens.

Ces derniers n’avaient pas oublié les slogans, parfois humoristiques, et une longue liste de revendications pour le lycée Aristide Briand en une trentaine de points, déroulée sur la grille de la sous-préfecture.

On y trouvait ainsi la demande d’ouverture de 7 classes de seconde et pas plus de 25 élèves par classe, un poste d’assistante sociale, un statut pour les AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap, ainsi que l’embauche d’AED, les assistants d’éducation plus connus sous le nom de «pions».

La réouverture de l’internat le dimanche soir faisait aussi partie des demandes depuis sa fermeture l’année dernière, posant des problèmes d’organisation pour les jeunes internes venant de loin avant les cours du lundi matin.

Une longue liste de revendications

Pêle-mêle, la longue liste de doléances demandait aussi «du savon et du PQ dans les toilettes», «pas d’armée dans nos lycées» ou encore «des photocopieurs qui fonctionnent».

Les canicules ont aussi poussé les lycéens à réclamer des volets dans toutes les salles, pas moins de 1 000 d’après leur décompte.

La rénovation du gymnase et son extension, «pas de démantèlement de nos salles informatique», la fin du contrôle continu pour le BAC ou encore plusieurs revendications axées sur les discriminations étaient aussi énumérées.

Rencontré dans la manif, Léon 15 ans, s’est mobilisé «parce qu’on n’a pas de moyens, et c’est chaud ce qu’il se passe partout dans le monde, c’est révoltant». Il savoure la mobilisation depuis 2 semaines «ils ont tellement peur qu’ils sont obligés de fermer le lycée» dit-il.

L’élève de seconde trouve les classes surchargées, «c’est dur de faire des cours avec 35 personnes, ça pose des soucis au niveau de l’attention».

S’il avoue avoir la chance de ne pas manquer d’enseignants, il précise que certaines classes «n’ont pas eu de cours de SNT depuis le début de l’année» (ndlr, sciences numériques et technologie).

Un manque de profs selon les classes

Son copain Nassim, lui aussi âgé de 15 ans en seconde «classe Euro», n’a pas eu de cours d’espagnol depuis la rentrée. «On n’avait ni prof d’espagnol ni prof d’anglais jusqu’au début octobre». Le prof de sport également absent «n’a pas été remplacé pendant trois semaines».

Le manque de tables et de chaises dans les classes en début d’année exaspère Léon. Le matériel n’est pas toujours remplacé selon lui, «si on a un clavier ou un ordinateur de cassé pendant l’année, il ne sera pas remplacé, on fera avec».

Lucides, les trois lycéens se demandent «quelle réforme a été mise en place depuis un mois que le mouvement lycéen a commencé ?».

Autre grief envers la direction cette fois, «on n’a plus le droit de sortir pendant les pauses, ce qui rendait le lycée supportable». L’interdiction du téléphone portable au lycée est vécue comme une injustice «c’est vraiment se tromper de combat, ça sert à rien de les interdire, il y a pire».

Emilien trouve pour sa part que l’attente à la cantine est trop longue, «parfois on met 30 à 40 minutes avant de pouvoir manger, et du coup quand on arrive en retard en cours, certains profs ne nous acceptent pas». Une situation qui est indiquée comme une absence injustifiée sur Pronote «et après c’est à toi d’expliquer ça à tes parents».

La manif des lycéens du 13 octobre 2026 © Océanis Médias

 

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