La décision était dans l’air depuis plusieurs jours, le préfet de Loire-Atlantique Laurent Hottiaux vient de l’officialiser vendredi soir.

Afin d’assurer l’ordre public et de protéger les commerces, suite aux violences et dégradations commises par des groupes d’individus le samedi 17 octobre dernier, le préfet a pris plusieurs décisions en prévision des manifestations prévues samedi 24 octobre 2026 à Nantes et Saint-Nazaire.

Interdiction des manifestations et rassemblements non déclarés

«Le droit de manifester est un droit fondamental garanti par la constitution, qui s’exerce dans le cadre de la loi et du respect de l’ordre public» indique la préfecture.

«Les rassemblements annoncés sur les réseaux sociaux n’ont pas été déclarés en préfecture comme le prévoit la loi : aucun organisateur ou interlocuteur, aucun itinéraire et aucun service d’ordre n’est donc connu.»

De fait, des arrêtés préfectoraux délimitent des zones d’interdiction de rassemblements et manifestations afin de «protéger nos concitoyens, notamment les commerçants et les riverains».

Secteurs concernés par les interdictions de manifester samedi 24 octobre 2026

  • le centre-ville de Nantes, et les zones à proximité du centre commercial Atlantis (Saint-Herblain) et du Bois dormant de 10h00 à 23h59
  • le centre-ville de Saint-Nazaire, et certaines zones de Trignac (secteur Auchan) et Montoir-de- Bretagne de 6h00 à 23h59

Interdictions concernant les artifices, carburants et équipements

Des mesures spécifiques sont également prises «pour empêcher les casseurs et les pilleurs de passer à l’action» :

• Interdiction du port et transport d’armes par destination, interdiction du port et du transport d’artifices et interdiction de transport de carburants ou récipients divers sans motifs légitimes sur l’ensemble du département du vendredi 23 octobre 2026 à 20h00 au lundi 26 octobre 2026 à 19h00

• Interdiction des équipements de protection individuelles destinés à mettre en échec le maintien de l’ordre sur certaines zones des communes de Nantes, Saint- Herblain, Saint-Nazaire, Trignac et Montoir-de-Bretagne le samedi 24 octobre de 6h00 à 23h59.

Un couvre-feu pour les mineurs samedi soir

Un couvre-feu est instauré pour les mineurs qui seront présents sur la voie publique, et non accompagnés par un adulte exerçant l’autorité parentale.

«Ce couvre-feu vise à protéger les mineurs et à prévenir leurs implications dans des dégradations ou des pillages»

Entre le samedi 24 octobre 2026 à 21h00 et le dimanche 25 octobre à 6h00, sur certaines zones ciblées des communes de Nantes et de Saint-Nazaire, les mineurs devront obligatoirement être accompagnés d’un titulaire de l’autorité parentale.

La préfecture rappelle aux parents leur responsabilité et les invite à veiller à ce que leurs enfants ne soient pas impliqués dans les violences.

Des comportements passibles de sanctions pénales

Les violences, les dégradations, les jets de projectiles et les outrages commis à l’encontre des forces de l’ordre sont passibles de poursuites pénales :

  • La destruction ou la dégradation d’un bien destiné à l’utilité publique appartenant à une personne publique, est puni jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
  • L’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique est puni d’un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Lorsqu’il est commis en réunion, les peines encourues peuvent être portées à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

Risques encourus en cas de participation à une manifestation interdite

«Le fait de participer à un rassemblement interdit ou d’en organiser un est également susceptible de sanctions pénales : 6 mois d’emprisonnement et à 7 500 € d’amende pour les organisateurs, une contravention de 135 € pour les participants» rappelle la préfecture.

«La dissimulation volontaire du visage, sans motif légitime, dans ou aux abords d’une manifestation au cours de laquelle des troubles à l’ordre public sont commis ou risquent de l’être est punie d’un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.»

Le préfet de la Loire-Atlantique appelle dans son communiqué à la responsabilité de chacun pour permettre le retour au calme, «indispensable au débat démocratique».

Les forces de police et de gendarmerie seront fortement mobilisées, avec un dispositif renforcé pour faire respecter ces mesures avec fermeté. «Les auteurs d’exaction seront identifiés, interpellés et mis, dans la foulée, à disposition de la Justice.»

Une unité de police © Océanis Médias

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