profs des CMA en grève, Saint-Nazaire 3 novembre 2026

Ils étaient en grève mardi 3 novembre 2026 un peu partout en France, pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail.

A l’appel de la CGT, les enseignants du Centre de Formation d’Apprentis, géré par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Pays de la Loire, ont débrayé devant l’établissement dans le froid.

Le syndicat indique que CMA France a réalisé un résultat d’exploitation positif de 27 millions d’euros en 2024, et 60 millions de recettes supplémentaires des NPEC, le montant forfaitaire annuel versé aux CFA pour financer les contrats d’apprentissage.

Chaque fois que les CMA ont dégagé des bénéfices, l’Etat s’est servi au passage

Face à ce chiffre, les salariée réclament leur part du gâteau et notamment une revalorisation du point de rémunération à 6 €. Un financement qui représenterait environ 42 millions d’euros.

Les grévistes soulignent que les agents ont perdu 16% de pouvoir d’achat depuis 2011, rappelant la hausse des prix des carburants, et de l’énergie notamment.

«Nos conditions de travail se dégradent fortement, sous couvert de régionalisation», mais aussi d’exigences d’un logiciel informatique, «notre direction nous impose des choses, on y perd du sens et ça nous pose problème» indique Céline MAILLET Professeure de gestion et de PSE, prévention santé-environnement.

Un statut qui n’est plus adapté à 2026

«On travaille avec des humains, mais on a le sentiment que tout est fait pour nous détacher de cela, on croule sous les tâches administratives. On a vécu des conditions meilleures, il y a des collègues en souffrance» estime Gilles BALAC, enseignant en cuisine depuis 33 ans, militant CFDT.

Les 25 enseignants et 5 personnels administratifs du site cohabitent avec d’autres CFA «dont le CFA d’électricité et celui de la coiffure qui va nous rejoindre».

«On avait un statut assez bien au niveau national, mais il n’a pas évolué, n’a pas été revalorisé». Il ajoute que la proportion de taches numériques «n’est pas du tout adaptée à nos jeunes, qui viennent nous voir pour des métiers manuels. On leur impose des outils qui ne leur serviront pas spécialement dans leur métier, ils doivent passer par ce filtre complexe» indique Gilles BALAC.

Les CMA comptent 9 sites dans la région Pays de la Loire, dont celui de Saint-Nazaire, situé rue Michel Ange à Heinlex. Il reçoit près de 450 jeunes en apprentissage, qui effectuent leur formation en alternance dans 380 entreprises, où ils sont salariés.

55 diplômes sont accessibles du CAP au BTS dans plusieurs secteurs d’activité pour des parcours possibles dès le collège, mais aussi des reconversions professionnelles d’adultes.

Les enseignants de la CMA en grève – © DR

Des profils variés qui viennent du sud-Loire jusqu’à Vannes et même de la région nantaise. «Le problème c’est que les transports ne sont pas toujours adaptés, surtout pendant les périodes de vacances scolaires» mentionne le militant syndical.

«On est là depuis plus de 30 ans, on répond à des besoins pour les familles et les jeunes»

Les employeurs de métiers en tension «choisissent parfois de prendre sous contrat des jeunes travailleurs handicapés ou des jeunes migrants, c’est très bien, mais quand ils arrivent chez nous on n’a pas toujours les outils humains pour bien les accompagner».

Ce n’est pas un outil internet qui va faire le boulot à la place de l’humain – Gilles BALAC

Boulangerie et pâtisserie, représentent près de la moitié des apprentis du CFA, la restauration avec la salle et la cuisine, et la mécanique où certains métiers sont complétés à Sainte-Luce sur Loire sont les autres formations principales.

«Le lien avec les employeurs s’est détendu. Avant on avait des outils simples qui faisaient que l’on avait des contacts avec les employeurs régulièrement, aujourd’hui on a tout numérisé, et ce n’est pas adapté» tempère le prof de cuisine.

Il ne désespère pas d’un retour en arrière, «on a des collègues dans d’autres départements qui ont gardé un outil simple, c’est à dire un outil papier, qui correspond très bien au suivi de nos jeunes».

Les apprentis sont là par choix de l’aspect professionnel de la formation, «on leur a donné plus d’heures de français et de maths, je ne dis pas que c’est inutile, bien au contraire, mais c’est au détriment des matières pro» ajoute Céline MAILLET.

Une incohérence que partagent même les profs de français et de maths «on galère en matières pro, car on n’a plus assez d’heures pour tenir les programmes».

La grève de ce mardi répond à un besoin «spécifique» des enseignants qui se sentent noyé dans le mouvement des grandes grèves nationales comme celle de jeudi prochain, «là c’est très marqué CMA, on a des collègues partout en France devant leurs centres de formation aujourd’hui».

Une grève suivie par plus de 60% des personnels, d’autres ne pouvant participer au mouvement pour des raisons financières.

Les enseignants en grève – © Océanis Médias

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