
La journée avait pourtant bien commencé, avec un rassemblement place de l’Amérique Latine à partir de 10 heures samedi 17 octobre 2026.
Un peu plus de 3 000 personnes ont ensuite pris la direction du pont de Saint-Nazaire vers 11 heures, mais un comité d’accueil attendait les manifestants qui ont dû rebrousser chemin avant d’atteindre leur objectif.
Les vents ayant envoyé les gaz lacrymogènes vers la foule, une grande partie des participants ont décidé de quitter le cortège au niveau de la Sides, boulevard des apprentis. Un homme aurait été blessé par un tir de LBD (lanceur de balle de défense).
Le reste du groupe, plusieurs centaines de personnes, est ensuite remonté par le boulevard de l’Atlantique en début d’après midi. Le centre commercial Auchan de Trignac a décidé de fermer ses portes avant leur passage.

A 14h40, alors qu’une quinzaine de CRS avaient pris position sur la place Pierre Sémard, des mortiers lancés dans leur direction ont conduit la Police à répliquer par des grenades lacrymogènes.
Affrontements et gaz lacrymogènes au Ruban Bleu
Le cortège est alors remonté vers le centre-ville et s’est rendu rue de la paix puis au Ruban Bleu où près de 200 individus qui n’avaient plus rien à voir avec les familles du matin, ont affronté les forces de l’ordre dans les allées du centre commercial, certains prenant le risque de relancer des grenades, avec les conséquences connues dans ce type d’action.
Plusieurs boutiques avaient anticipé les risques et posé des panneaux en bois sur leurs vitrines, à l’instar de New Yorker, Chausséa ou Foot Locker échaudé par un pillage lors d’émeutes fin juin 2023.
Un groupe de plusieurs centaines de personnes, plutôt jeunes, s’est reformé et s’est rendu face au commissariat de Police où certains ont tenté de pénétrer dans le bâtiment peu après 16 heures.
Une heure plus tard, remontant par l’avenue de Gaulle, plusieurs centaines d’individus ont à nouveau affronté les policiers postés au niveau de l’arrêt de bus de l’hôtel de ville.
C’est là qu’un gendarme du PSIG venu en renfort a été blessé par un pavé lancé par les manifestants.
Et les revendications dans tout ça ?
Parce que comme toujours, certains trouvent un intérêt à ce que les revendications, souvent légitimes, soient occultées par les casseurs et les affrontements avec la Police.

Pour rappel, le mouvement a été lancé il y a plusieurs semaines à une date symbolique en référence au mouvement des «Gilets jaunes» commencé le 17 novembre 2018.
Le blocage des prix de l’essence et des produits de première nécessité est l’un des fondements de la contestation de 2026.
Les superprofits de Total dans le collimateur
S’y ajoutent les superprofits des secteurs pétroliers et de l’énergie alors que le prix du gaz aura augmenté de 41% entre mai 2026 et début novembre prochain.
Total Energies a de son côté enregistré une hausse de 100 % de son bénéfice net au 2ème trimestre 2026 et ses marges sur le raffinage ont bondi de 146% entre juillet et septembre.
Face à ces chiffres démesurés, les manifestants veulent un partage des profits par une hausse générale des salaires et des retraites.

Les syndicats sont également mobilisés pour la défense et le renforcement des services publics, notamment des secteurs de la santé et de l’éducation.
D’autres revendications s’ajoutent, diverses et variées, concernant la transition écologique, la protection de la nature, mais aussi les mobilisations LGBT, en faveur de la loi intégrale sur les violences, l’agriculture représentée par la Confédération paysanne, les transporteurs routiers et bien d’autres.
Rassemblement et manifestation 17 octobre 2026 © Océanis Médias
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