Depuis l’hiver dernier, le 23 février 2026, les animateurs, animatrices et Atsems du service enfance-éducation de Saint-Nazaire sont en grève avec le soutien de la CGT.

La grève devant une école – Archives Océanis Médias

Les conditions de travail et les réalités quotidiennes sont au cœur de leurs revendications. Malgré plusieurs rencontres avec l’administration municipale, ils ont décidé de poursuivre leur mouvement.

«L’actualité nationale du périscolaire démontre bien, il existe un déni collectif du périscolaire, ce n’est pas propre à notre collectivité» indique la CGT des territoriaux de Saint-Nazaire et de la Carène dans un communiqué.

L’image de l’animateur dans l’opinion publique

Cette grève a montré la nécessité de professionnalisation du métier et sa reconnaissance, il est «fondamental, c’est un vrai métier qui mérite d’être renforcé».

Pour beaucoup, l’animateur est un jeune qui «s’amuse au bord d’une piscine, fait le clown lors de spectacles pour amuser la galerie, alors que dans le quotidien, lors de l’accueil périscolaire ou de la pause méridienne, et même dans les centres de loisirs qui souvent se situent dans les écoles, se joue l’éducation de nos enfants». Or, la continuité éducative avec l’école est un enjeu majeur pour les animateurs et animatrices.

Des rencontres, il n’en est sorti que des frustrations. La Ville refusant dans un premier temps de reconnaître le malaise général de ce service à l’enfance, puis tentant de «discréditer les revendications des agents et leur grève».

Malgré tout, deux points avaient été reconnus et acceptés par les parties, le manque de matériel et la possibilité de changement d’organisation pour le site de Jean Jaurès, ainsi que la prime d’itinérance pour certaines catégories qui ne la percevaient plus.

Après une dernière rencontre le 23 juin 2026 entre les animateurs, le syndicat et la mairie, un protocole de sortie de grève a été proposé par les élus en charge du dossier.

De plus en plus d’enfants en difficulté

En septembre, un plan d’action autour de l’inclusion doit être défini par les élus nazairiens avec la mise en place d’un groupe de travail pour en définir les missions et qualifications requises.

A Saint-Nazaire, le nombre d’enfants «à besoins spécifiques» aurait été multiplié par 4,5 entre 2019 et 2025. Un engagement pour une mise en place de nouveaux moyens à la rentrée 2027 a été pris.

Une majorité de temps partiels subis

L’une des revendications des animateurs portait aussi sur le temps de travail. Ils ne sont que 20% à plein temps et de nombreuses missions «faites bénévolement au quotidien ne sont pas prises en compte».

Du fait d’un temps de travail annualisé et flexible, les temps non payés peuvent représenter jusqu’à 25 heures par an, soit l’équivalent d’une semaine de travail pour les agents à 80%. Si l’administration s’est engagée à mieux perdre en compte ces heures, elle a refusé d’aller au delà sur la pénibilité liée aux contraintes horaires et n’a pas pris d’engagement ferme pour augmenter le temps de travail des agents.

 

 

Un véritable diplôme professionnel, via un plan de formation pluriannuel, le CPJEPS, devrait être mis en place. Les animateurs revendiquent ces besoins de professionnalisation que ne donne pas le BAFA, simple brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur.

Pas d’augmentation du pool de remplacement

Confrontés à des absences de dernière minute ou programmées, les animateurs et animatrices doivent souvent jongler avec plusieurs sites de travail sur une même journée.

Ils demandaient à ce que le pool de remplacement bénéficie d’effectifs supplémentaires pour pallier aux absences sans impacter les autres animateurs. La mairie a refusé cette demande en la justifiant par une baisse prévue du nombre d’enfants l’année prochaine. «Nous espérons que les 15 000 travailleurs détachés attendus aux chantiers ne viendront pas avec leurs familles» ironise la CGT.

Considérant que les propositions «restent aux yeux des agents trop incertaines voire inexistantes» les agents et la CGT ont décidé de ne pas signer le protocole d’accord qui leur a été présenté.

Ils se donnent rendez-vous à la rentrée pour décider de la suite à donner au mouvement dont le préavis de grève court jusqu’au 30 septembre 2026.

 

Suivez-nous sur Facebook: saintnazaireinfos.fr

Laisser un commentaire

Commentaires

Réseau média web

Liens utiles

Twitter

Afficher plus