Le 8 mars, un rendez-vous annuel pour rappeler à l’occasion de la «journée internationale de lutte pour les droits des femmes», la réalité des choses notamment au travail ou dans la vie au quotidien.

Près de 600 personnes ont participé à un rassemblement puis un défilé au départ de la place de l’Amérique Latine dimanche 8 mars 2026 à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires, du Planning familial, de Femmes solidaires, Choisir la cause des femmes, de la Ciivise ou encore de Jeunesse nazairienne engagée.
Au départ de cette même place à 13h30, près de 70 vélos sont partis pour un tour du centre-ville via les rues et lieux dédiés aux femmes avant un retour pour le grand rassemblement de 15h40.
Pourquoi 15h40 ? C’est l’heure symbolique à partir de laquelle les femmes cessent d’être rémunérées pour leur travail chaque jour.
Selon l’intersyndicale, dont plusieurs femmes ont pris la parole à tour de rôle, «les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes en France! C’est inadmissible en 2026. L’Europe a enfin bougé. Une directive sur la transparence salariale a été adoptée en mai 2023».
Celle-ci oblige en effet les employeurs à publier les écarts de salaires entre hommes et femmes et à les justifier. La directive doit être entérinée avant le 7 juin prochain.
Des discours tenus en compagnie d’une interprète langue des signes depuis le centre de la place.
Selon les représentantes des syndicats, «80% des personnes en situation de pauvreté tout en travaillant sont des femmes, 6 personnes sur 10 au SMIC sont des femmes, 80% des emplois à temps partiels souvent contraints sont occupés par des femmes, nous devons continuer le combat pour obtenir enfin une réelle égalité salariale».
Les conditions de travail, les accidents, risques professionnels, la répartition de la charge domestique et familiale mais aussi l’exposition des femmes aux violences sexistes et sexuelles «dans la vie privée comme au travail» sont aussi pointés du doigt.
«Le 8 mars n’est pas une fête. C’est une journée de lutte. Et cette lutte, on la mène toute l’année, dans les entreprises, dans les négociations, dans la rue.»
Les féministes considèrent le 8 mars, «plus que n’importe quel jour» comme une journée «contre le machisme et contre le fascisme».
Pour elles, la conquête de droits sociaux, de liberté et d’égalité «ne peut passer par les idées nauséabondes de l’extrême-droite».
«Etre féministe antifasciste, c’est lutter contre une vision unique et révisionniste de l’histoire que certains gouvernements imposent ou aimeraient imposer et, au contraire, c’est mettre en lumière les femmes qui ont fait l’histoire en commençant pas exiger leur place dans les manuels scolaires.»

Une place qu’elles estiment «volée par le patriarcat».
Les prises de parole se poursuivent sur le sujet de l’avortement, rappelant que la moitié des députés RN ont voté contre l’entrée du droit à l’IVG dans la constitution française.
«En 2022, ils et elles ont voté contre l’allongement des délais de recours à l’IVG et contre l’IVG gratuite et légale dans l’Union Européenne.»
La situation des femmes concernées par un handicap est aussi soulevée, puisque 4 femmes sur 5 seraient victimes de violences en tous genres, et deux fois plus nombreuses à déclarer des violences sexuelles que les femmes valides.
«Cette journée de lutte internationaliste est aussi l’occasion de rappeler notre solidarité à l’égard de nos soeurs palestiniennes, iraniennes, soudanaises et de toutes les femmes réfugiées dans le monde.»
Les collectifs et associations féministes rappellent que «85% des personnes trans ont déjà subi un acte transphobe, avec des conséquences énormes sur leur santé et leur vie en société».
Par ailleurs, les infractions LGBTQIA+ ont progressé de 5% en 2025 et se manifestent partout, que ce soit sur les lieux de travail, dans les familles ou dans la rue.