À quelques jours de la rentrée des classes, et alors que les enseignants reprenaient le chemin de l’école ce vendredi 29 août, les collectifs « Éduc en lutte », « Éducation prioritaire 44 » et des parents d’élèves d’écoles nazairiennes, organisaient un rassemblement devant les locaux de l’Éducation nationale, boulevard Laënnec à Saint-Nazaire.
Le 5 juin dernier, les parents d’élèves et les syndicats de l’enseignement primaire réclamaient déjà l’ouverture d’une classe pour l’école Jean Zay et son classement en REP (Réseau d’Éducation Prioritaire).
Un classement indispensable pour l’obtention de moyens supplémentaires comme le dédoublement de certaines classes. L’école Jean Zay compte 153 élèves en cette rentrée, et 272 à Jules Ferry pour 11 classes, dont une de maternelle à effectif réduit, ce qui pourrait entrainer un effectif de près de 26 élèves dans les autres classes.
Les syndicats Sud Education et FSU présents lors du rassemblement ont été rejoints par le député Matthias Tavel et une trentaine de parents d’élèves et leurs enfants.
6 écoles orphelines sur le secteur Saint-Nazaire/Montoir de-Bretagne
Tous réclament des ouvertures de classes et des moyens supplémentaires pour les six écoles «orphelines» du secteur: Gambetta, Brossolette, Jean Zay et Jules Ferry à Saint-Nazaire mais aussi Jean Jaurès et Albert Vinçon à Montoir-de-Bretagne.
On appelle école «orpheline», selon un terme utilisé par la Cour des comptes, les établissements qui ne bénéficient pas du classement prioritaire et des compensations de l’Éducation nationale en termes de moyens et d’effectifs réduits notamment, du fait qu’ils sont rattachés à un collège qui n’est pas en quartier prioritaire alors que leurs élèves, sont en grande partie défavorisés.
Les écoles Jules Ferry et Jean Zay ne bénéficient pas de classement prioritaire car leurs collèges de rattachement (Anita Conti pour la première et Albert Vinçon / La Vecquerie pour la seconde) ne sont pas en quartier prioritaire, tandis que ces écoles le sont: Pertuischaud / Galicheraie et Kerlédé.
Dernières ouvertures de classe possibles lundi 1ᵉʳ septembre
Frédérique Paugame de FSU-SNUIPP 44 mentionne que « ce moment est important car la dernière instance de l’Education Nationale qui ajuste les ouvertures et fermetures de classes se tient lundi 1ᵉʳ septembre.»
« À l’heure actuelle, si aucune mesure n’est prise pour elles, des écoles de notre bassin vont devoir accueillir leurs élèves, souvent en difficultés, parfois handicapés, dans des conditions très insatisfaisantes. »
« La dernière révision de la carte de l’éducation prioritaire date de 2015, et depuis la révision est sans cesse reportée. » indique Maëlle Fanène de Sud-Education 44.
« Selon le ministère, les enjeux politiques sont lourds car à moyens constants il faudrait faire sortir 250 écoles de la carte pour en faire entrer 250 autres. Du coup cette décision ne peut venir que de l’Élysée ou de Matignon.»
« En revanche, on vient d’apprendre que les rectorats peuvent décider de classer des écoles primaires en « Education Prioritaire Simple » en mobilisant leurs propres moyens. »
Le député de la circonscription Matthias Tavel tenait à être présent pour « marquer mon soutien aux parents, aux enseignants, aux élèves, qui ne réclament finalement que l’égalité, c’est à-dire le deuxième mot de la devise républicaine ».
« La question de l’éducation des enfants est fondamentale pour un pays ». « Cela doit se faire avec des moyens supplémentaires, et des effectifs supplémentaires. »
« Il n’est pas acceptable de voir des écoles, être dans les mêmes situations sociales que les écoles en REP / REP+ et ne pas être classées simplement pour une raison bureaucratique, administrative qui en fait masque une forme d’austérité budgétaire pour l’éducation.»
Guillaume Bras, un parent élu de l’école Jules Ferry tenait lui aussi à être présent. Avec d’autres parents d’élèves il a mis en place une pétition ayant recueilli 118 signatures depuis juin.
« L’école est dans un quartier vraiment prioritaire, on a plus de la moitié des familles qui sont dans un contexte socio-économique très difficile, on a des problématiques liées aux enfants qui bénéficient du dispositif Ulis, (ndlr: dispositif pour la scolarisation des élèves en situation de handicap) et on a un dépassement important d’effectifs dans les classes de maternelle. On est à 29 élèves en petite et moyenne section pour la rentrée. L’objectif, c’est vraiment une ouverture de classe ».
Stabilité des effectifs à Saint-Nazaire
Pour cette nouvelle année scolaire, les 20 groupes scolaires accueilleront 5 471 élèves dès ce lundi. Soit 1 979 en maternelle et 3 492 en élémentaire, en très légère baisse (-14 élèves) par rapport à la rentrée précédente.
A noter qu’après plusieurs mois de travaux, l’école Jules Simon (L’Immaculée) accueillera ses élèves dans de nouveaux bâtiments dès lundi.
Et du côté des lycées?
Sophie Le Papillon (FSU) souligne aussi le refus d’inscription de certains élèves dans les collèges et lycées dont ils dépendent.
« Au lycée Galilée (ndlr: à Guérande) par exemple on a un élève qui a été refusé en seconde alors qu’on nous dit que l’on n’envoie pas assez d’élèves en seconde, l’établissement n’ayant pas souhaité ouvrir une classe supplémentaire.»
Des élèves de Donges ne peuvent plus s’inscrire à Aristide à Saint-Nazaire, le lycée étant complet, ils sont renvoyés sur Savenay.
L’internat du lycée Aristide Briand restera pour sa part fermé le dimanche jusqu’à nouvel ordre. Aucune avancée n’ayant été obtenue depuis la dernière action le 17 juin devant le lycée. Pour rappel, plus de 80 élèves seront directement impactés par l’absence de solution leur permettant de commencer les cours à 8 h le lundi matin.