manifestation Saint-Nazaire samedi 31 octobre 2026

Le rendez-vous était fixé au skatepark sur le front de mer de Saint-Nazaire, loin du centre-ville, interdit aux manifestants par le préfet de Loire-Atlantique vendredi soir.

Si la manifestation du 24 octobre avait contourné l’interdiction d’accès au centre-ville, en se formant boulevard de l’Atlantique près de la gare, cette fois-ci, le secteur était lui aussi inaccessible.

Peu à peu les manifestants, pour certains déguisés à l’occasion d’Halloween, se sont retrouvés sur le front de mer. Quelques dizaines à 18 heures puis 300 un quart d’heure plus tard et enfin un cortège de près de 600 personnes, prêtes à partir vers le centre-ville à 18h30.

Mais un cordon de policiers et CRS attendait de pied ferme les manifestants à la limite de la zone interdite (VOIR NOTRE ARTICLE), au coin du jardin des plantes, avenue Ferdinand de Lesseps.

Tentative de passage par la plage

C’est par les ruelles autour du lycée Saint-Louis et du skatepark que les manifestants ont quitté les lieux pour se retrouver au carrefour de l’avenue François Mitterrand et de la rue André Le Nôtre vers 19h45.

Un groupe a toutefois tenté de passer par la plage, rapidement bloqué par les forces de l’ordre qui ont demandé leur dispersion par mégaphone avant de lancer les sommations d’usage et d’envoyer quelques grenades de gaz lacrymogène au niveau du lycée Saint-Louis.

Dans la foule, se trouvaient Clara et Léo, venus en famille avec leur mère et leur grand-mère manifester samedi soir. Clara est élève dans un lycée d’artisanat, et estime subir «beaucoup de restrictions budgétaires».

Venue du milieu rural et scolarisée dans le public, elle confirme avoir «pas mal de revendications avec les lycéens», mais aussi ses ami(e)s «qui sont à l’université à Rennes». Jeune, sans carte d’étudiant, Clara ressent le coût de la vie au quotidien elle qui vit dans un secteur où «les appartements sont très chers avec de la moisissure».

Des étudiants précaires, Clara en connait plein

Comme beaucoup d’étudiants précaires, elle a «des ami(e)s qui ne se nourrissent pas ou très peu, parce qu’ils n’ont pas assez d’argent en tant qu’étudiants».

La jeune étudiante a aussi un discours plus vaste sur d’autres sujets abordés dans les manifestations, «on ne veut pas taxer les ultra-riches, il y a plein de restrictions budgétaires sur la médecine, sur l’éducation, sur la culture, l’agriculture, par contre il y a de l’argent pour Thales, pour Frontex, l’argent va vers le sang, on a des raisons de manifester».

Léo son frère, lycéen à Blain dans l’un des seuls lycées ruraux du secteur, a fait grève avant les vacances, «on a fait trois blocus, le premier s’est très bien passé, mais pour les autres, les lycéens ont été obligés de rentrer en cours suite à des pressions», estimant que lui et ses camarades ont été manipulés et que leur parole n’a pas été entendue.

Reprise du mouvement des lycéens lundi… ou pas

Avec un mouvement qui s’étiolait au fil du temps, le lycéen n’a pas prévu de reprendre la grève lundi matin, contrairement à sa sœur qui pense que le mouvement va perdurer dans son établissement.

«Quand on réprime autant les mouvements de manifestation, c’est compliqué d’avoir encore de l’espoir et de vouloir manifester» soupire Clara, désabusée.

Monique est venue avec ses enfants et petits enfants. Retraitée, elle se mobilise contre «la vie chère, les retraites qui ne sont pas réévaluées» et se dit «pas trop contente».

Sa fille, Stéphanie est fonctionnaire «le point d’indice est bloqué depuis un paquet d’années» dit-elle «on en demande toujours plus, toujours aux mêmes». Le dégel du point d’indice est justement l’une des revendications des syndicats pour les fonctionnaires et agents publics depuis de longs mois.

Elle est aussi solidaire de ses enfants qui se mobilisent «je trouve ça très bien, on a le droit de manifester en France, c’est bien qu’ils aient des convictions, le monde est dur actuellement, ils ont le droit de s’exprimer».

Mais elle ne cache pas non plus son pessimisme sur la prise en compte de leurs revendications. «Je suis comme un peu tout le monde, je vois ce qui se passe, dans les médias, je ne m’y retrouve pas du tout, c’est pas le monde que je pratique au quotidien», ajoutant qu’elle vit très mal la polarisation «qu’on nous fait subir».

Les manifestants se sont donné rendez-vous jeudi 5 novembre prochain à partir de 10h30 devant la soucoupe pour la manifestation interprofessionnelle à l’appel des 6 principaux syndicats.

Manifestation du 31 octobre 2026 © Océanis Médias

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